Image default
Finance

Les fonds d’investissement responsable banalisent les énergies fossiles



A partir de cet été, les conseillers financiers devront interroger leurs clients sur leurs préférences en matière de « durabilité ». L’occasion, pour les distributeurs, de promouvoir des fonds de placement dits « verts ». Encore faut-il que ces produits misent sur l’économie bas carbone, la biodiversité ou d’autres thèmes environnementaux. Car les labels et autres certifications ne sont pas un gage absolu de qualité ou de sélectivité.

Pour y voir plus clair, la fintech de l’épargne salariale Epsor a passé au crible 814 fonds actions*, dans une étude inédite publiée ce mardi. Conclusion, « le label ISR [d’investissement socialement responsable], dominant en France, ne garantit pas un niveau d’exigence particulièrement important, affirme Julien Niquet, président d’Epsor. Malgré l’intitulé très engageant de certains produits, il est difficile de différencier à première vue les champions des fonds moins regardants. »

Portefeuilles identiques

Premier constat, 53 % des entreprises investies sont identiques entre véhicules labellisés et non labellisés. Et 80 % des fonds ISR sont présents dans au moins une société en lien avec les énergies fossiles.

Cas « emblématiques » : TotalEnergies et BNP Paribas. Le groupe pétrolier figure dans 19 % des fonds actions ayant reçu la certification ISR de l’Etat, tout comme dans 20 % des véhicules non labellisés. Même constat chez BNP Paribas (respectivement 18 % et 17 %).

En raison de son poids dans les indices boursiers, TotalEnergies est la cinquième valeur la plus présente dans les portefeuilles, derrière ASLM, LVMH (propriétaire des « Echos »), Schneider Electric et L’Oréal. Avec toutefois une différence d’intensité. Les actions TotalEnergies représentent seulement 0,83 % des encours des produits ISR, deux fois moins que dans les encours non ISR.

« Ces chiffres confortent notre intuition que le label est nécessaire mais pas suffisant quand on veut choisir un fonds à faible empreinte carbone », indique Julien Niquet. Le label ISR repose sur une sélection « best in class » des meilleures valeurs, tous secteurs confondus, sans exclusion des activités controversées.

Certains gérants ISR ont une approche plus sélective sur les questions environnementales, sociales ou de bonne gouvernance (ESG). Les produits disposant du label français Greenfin (sans énergies fossiles) ou placés dans la catégorie la plus élevée (article 9) de la nouvelle réglementation européenne sur le reporting durable ( SFDR ) obtiennent le meilleur score d’ impact climatique établi par Epsor avec l’aide de Morningstar.

Mauvaises performances

Ce classement prend en compte la note ESG des fonds ou encore leur empreinte carbone. Il couronne Dorval European Climate Initiative, suivi d’Amundi Valeurs Durables et Mirova Europe Environmental Equity.

Depuis le début de l’année, ces produits affichent des pertes comprises entre 10 % et 15 %. Ils pâtissent du recul des Bourses et de la rotation sectorielle des valeurs environnementales et tech vers les énergies fossiles. « Mais sur le long terme, la transition écologique sera gagnante », estime Julien Niquet.

(*Fonds domiciliés en France ou, le cas échéant, leur fonds maître luxembourgeois, soit 75 % du marché tricolore)



Source link

Autres articles

Crédit immobilier : la Banque de France droite dans ses bottes face aux Cassandre

administrateur

Testé positif au covid-19, Trump fait reculer les marchés

administrateur

« Nous pourrions être à la veille d’une crypto-autocratie »

administrateur

Assurance : un acteur surveillé de Gibraltar obtient un agrément en France

administrateur

Comment la Grèce se prépare à l’arrêt du plan d’urgence de la BCE

administrateur

Conflits d’intérêts : ce que déclarent les banquiers centraux européens

administrateur