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Finance

Les investissements de certains gouverneurs sèment le trouble à la Fed



Publié le 10 sept. 2021 à 12:40

La nouvelle a créé quelques remous dans l’univers feutré des banquiers centraux américains. Le président de la Reserve fédérale de Dallas, Robert Kaplan, s’est montré particulièrement actif sur les marchés actions l’an dernier. C’est ce qu’il ressort de la déclaration de patrimoine que tous les gouverneurs de la Fed doivent remettre chaque année, selon le Wall Street Journal qui a décortiqué le document.

Cet ancien banquier de Goldman Sachs, arrivé à la tête de Fed texane en 2015, a réalisé de multiples transactions supérieures à 1 million de dollars. Un chiffre particulièrement impressionnant par rapport à ses homologues, souligne le journal américain. Il a acheté ou vendu des actions d’Apple, d’Alibababa, d’Amazon ou de General Electric. Il possède également des participations supérieures à 1 million de dollars dans Boeing, Alphabet (ex-Google) ou Facebook.

Mélange des genres

Il n’est pas le seul. Le gouverneur de la Fed de Boston, Eric Rosengren, a pour sa part été particulièrement actif sur les sociétés d’investissement immobiliers cotées. A priori, rien d’illégal. Robert Kaplan a même indiqué que ses investissements avaient été contrôlés et approuvés par le directeur juridique de la Fed de Dallas. Mais ce mélange des genres fait désordre.

Face à la crise du Covid, la Fed a acheté des obligations à tour de bras . Des titres d’Etats, bien sûr, mais également des obligations d’entreprises et des titres adossés à des emprunts immobiliers (MBS). Même si elle devrait bientôt réduire ses interventions , elle y consacre encore 80 milliards de dollars par mois pour les obligations et 40 milliards pour les MBS.

Une action qui a permis de mettre les marchés sous perfusion. Conséquence de cet afflux de liquidité : l es prix des actifs financiers ont bondi , accroissant les inégalités entre ceux qui avaient les moyens d’investir sur les marchés et les autres. Que des membres de la Fed aient pu en profiter pose question.

Eric Rosengren a en outre été parmi les plus prompts des banquiers centraux américains à demander un ralentissement de l’action de la Fed – notamment pour les achats de MBS – pour éviter que ne se forme une bulle sur le marché immobilier américain.

Cession de portefeuilles

Les deux banquiers centraux se sont engagés à mettre fin à cette pratique. Ils vont vendre toutes les actions qu’ils possèdent en direct, et réinvestir les sommes dégagées dans des outils de gestion passive. « Bien que mes opérations personnelles d’épargne et d’investissement aient été conformes aux règles d’éthique de la Réserve fédérale, j’ai décidé de régler tout ce qui pourrait resembler à un conflit d’intérêts », a ainsi déclaré Eric Rosengren.

Et en Europe ?

La Banque centrale européenne demande depuis 2019 aux membres du Conseil des gouverneurs de publier une déclaration de patrimoine, listant notamment leurs investissements financiers. Mais contrairement à la Fed, les montants ne sont pas indiqués. Pour la plupart, ils possèdent des actifs financiers, le plus souvent via des fonds indiciels cotés (ETF) ou des fonds collectifs (OPCVM). L’Allemande Isabelle Schnabel, membre du directoire est l’une des rares à posséder un portefeuille d’action en direct, mais dont elle n’assure pas la gestion elle-même. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, est uniquement actionnaire de Villeroy & Bosch, société fondée par sa famille. Plus surprenant, le gouverneur de la Banque centrale de Chypre possède en direct des obligations d’Etat chypriotes. Ce, alors qu’il participe aux décisions de la BCE sur les programmes d’achats de dette d’Etat.



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