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Economie

Les magasins de jeux vidéo GameStop vont se lancer dans les NFT


Le groupe pourrait aussi investir des dizaines de millions de dollars dans des start-ups spécialisées dans les cryptoactifs. L’action de GameStop a bondi de 20% à l’ouverture de Wall Street.

Comment réinventer son modèle économique alors que de moins en moins de consommateurs se rendent dans des magasins spécialisés pour acheter leurs jeux vidéo ? Cette question, cela fait des années que la chaîne américaine GameStop (propriétaire de Micromania en France) se la pose. Le distributeur a d’abord parié sur la vente de produits dérivés autour de la pop culture : figurines, t-shirts, livres, peluches… Il pourrait désormais se tourner vers un autre secteur en vogue : les cryptoactifs et plus particulièrement les NFT (jetons non fongibles).

D’après les informations du Wall Street Journal, GameStop va développer une plateforme où les consommateurs pourront acheter et revendre des NFT liés à l’univers des jeux vidéo. Cela permettrait, notamment, de mettre sur le marché de l’occasion des achats virtuels comme des accessoires et tenues pour son héros – chose aujourd’hui impossible. GameStop est légitime sur ce marché. Historiquement, ses magasins ont toujours racheté les jeux vidéo de leurs clients pour les proposer ensuite à prix réduit dans des «bacs à bons plans».

GameStop surferait également sur le succès auprès des investisseurs de plateformes d’échanges de NFT. Le site OpenSea est ainsi valorisé 13 milliards de dollars après une levée de 300 millions de dollars en début de semaine auprès des fonds Coatue et Paradigm. Mais ces plateformes ne sont connues que des initiés, alors que GameStop, au vu de sa notoriété chez les consommateurs, pourrait populariser les échanges de NFT auprès du grand public. Cette dimension expliquerait la réaction positive de Wall Street. Peu après la publication du Wall Street Journal, l’action GameStop a flambé de 30% dans les échanges avant Bourse, puis a ouvert à +20% vendredi. L’action est passée à +4% la mi-journée. La capitalisation boursière de GameStop s’élève désormais à 10 milliards de dollars.

Le jeu vidéo se tourne vers les NFT

Mais encore faut-il avoir des NFT à vendre. L’univers des jeux vidéo usant des «jetons non fongibles», c’est-à-dire un titre de propriété sur un objet numérique unique, est aujourd’hui restreint à une niche de start-up travaillant sur les «jeux blockchain». À l’exception notable de Axie Infinity en Asie du Sud-Est et en Amérique Latine, une sorte de Pokémon où les joueurs peuvent revendre leurs créatures, aucun de ces titres n’a percé auprès des joueurs occidentaux.

Les choses pourraient toutefois changer. Fin 2021, le géant français Ubisoft a fait un premier test de marché en éditant 3 NFT pour son jeu PC Ghost Recon : Breakpoint. Autre poids lourd tricolore, l’éditeur de jeux mobiles Voodoo, champion des applications ludiques dites «hyper casual», a annoncé qu’il allait investir 200 millions de dollars pour intégrer des NFT dans ses futurs titres pensés pour le très grand public.

Le PDG de l’éditeur japonais Square-Enix (Final Fantasy, Dragon Quest…) a dévoilé un fort intérêt envers l’écosystème blockchain dans ses voeux pour la nouvelle année. «Ajouter des jeux décentralisés à notre portfolio sera un axe stratégique majeur pour notre société à partir de 2022», affirme Yosuke Matsuda. De son côté, le japonais Konami va mettre en vente le 12 janvier une dizaine de NFT pour célébrer les 35 ans de sa licence Castlevania.

GameStop à la recherche d’une nouvelle stratégie

Le Wall Street Journal explique que GameStop a pris langue avec des éditeurs et des studios de jeux vidéo pour leur proposer de distribuer leurs NFT sur sa future plateforme. Il devrait aussi se tourner vers les start-up spécialisées dans les jeux blockchain et investir dans leurs productions. Il pourrait aussi entrer au capital de sociétés liées à l’univers crypto et y consacrer plusieurs dizaines de millions de dollars.

Ce mouvement stratégique vers les NFT, qui n’a pas été confirmé officiellement, serait la marque de la nouvelle direction de GameStop. Cette dernière a été remplacée courant 2021 après l’incroyable flambée de l’action, poussée par des petits porteurs venus d’Internet et qui, pour l’essentiel, faisaient leurs premiers pas en Bourse.

Le milliardaire Ryan Cohen, 36 ans, s’est hissé comme président du conseil d’administration et cherche à transformer la marque GameStop. Parmi ses idées, étendre la gamme des produits vendus aux accessoires pour streamer ses parties sur Twitch (webcams, éclairage, micro…) et renforcer les activités e-commerce en raccourcissant les délais de livraison, améliorant le service-client et en affichant des tarifs plus compétitifs.



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