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Finance

Les marchés déboussolés par la hausse des taux d’intérêt américains


Les marchés mondiaux sont repartis pour un tour de montagnes russes. Wall Street s’orientait jeudi vers sa pire séance en près de deux ans après avoir inscrit sa plus forte hausse sur la même période la veille. Le S&P plongeait de près de 4 % alors que le Nasdaq à forte coloration technologique s’enfonçait de plus de 5 % au moment de la clôture en Europe, effaçant tous leurs gains de la séance précédente. Le CAC 40 a quant à lui abandonné 0,43 % à 6.368 points après avoir grimpé jusqu’à 2,4 % dans la journée.

Certes, la Fed s’est montrée moins agressive que ne le redoutaient les marchés. Préparés au pire, les investisseurs ont ainsi accueilli avec soulagement les déclarations de Jerome Powell, qui a écarté l’hypothèse d’une plus forte accélération du resserrement monétaire cet été malgré la persistance des pressions inflationnistes outre-Atlantique.

Un outil brutal

Mais les investisseurs doutent encore de la capacité de la Fed à orchestrer un « atterrissage en douceur » de l’économie américaine. Pour calmer les pressions inflationnistes, – la hausse des prix a atteint 8,5 % en mars aux Etats-Unis -, la banque centrale américaine dispose en effet de très peu d’instruments, le principal étant ses taux directeurs.

« Le comité de politique monétaire utilise un marteau pour une procédure qui nécessite un scalpel », cingle Vincent Juvyns de JP Morgan AM. Si la Fed frappe trop fort et trop vite, elle risque de casser la croissance, un dilemme qui inquiète les investisseurs . « La politique monétaire est un outil brutal, dont les effets se font sentir avec des délais variables et souvent longs », explique-t-il. Selon lui, le resserrement « agressif » de la Fed « risque toujours de faire basculer l’économie en récession en 2023 ».

Le 10 ans américain au-dessus des 3 %

D’autres s’inquiètent au contraire de voir la Fed écarter aussi facilement l’hypothèse d’une hausse de taux de 75 points de base cet été. Après tout, l’inflation pourrait encore surprendre à la hausse alors que la guerre en Ukraine maintient la pression sur les cours des métaux, de l’énergie et des matières premières agricoles, tout comme les confinements chinois sur les chaînes d’approvisionnement. Compte tenu de ces éléments, « la trajectoire des taux est loin d’être certaine », rappelle Christian Scherrmann de DWS.

La défiance des investisseurs vis-à-vis des obligations d’Etat américaines s’est ainsi intensifiée jeudi. Le rendement des Treasuries d’une maturité de 10 ans a bondi de 15 points de base sur la séance pour s’installer au-dessus du seuil symbolique des 3 % , accentuant la pression sur les valeurs technologiques, les plus vulnérables face à la remontée des taux.

Volatilité élevée

Il faut dire que les perspectives économiques restent toujours aussi incertaines aux Etats-Unis mais aussi en Europe ou en Chine. Les trois grands pôles de l’économie mondiale font chacun face à des défis complexes – inflation, guerre en Ukraine ou encore Coronavirus -, ce qui pousse les investisseurs à la prudence. Tant que l’horizon reste bouché, la volatilité devrait rester le maître-mot sur les marchés.

Cela place les investisseurs dans une position très inconfortable. Le traditionnel portefeuille diversifié entre actions et obligations n’offre actuellement quasiment aucune protection. Depuis le début de l’année, les deux classes d’actifs ont en effet tendance à évoluer en tandem.

« Vous ne pouvez pas imaginer de pire environnement pour les actifs financiers », s’est récemment lamenté le milliardaire et gérant de hedge funds Paul Tudor Jones à la télévision américaine. « De toute évidence, vous ne voulez pas détenir d’obligations ni d’actions », a-t-il ajouté.



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