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Finance

Les marchés désarçonnés par la flambée de l’énergie



Publié le 6 oct. 2021 à 13:14Mis à jour le 6 oct. 2021 à 13:23

La pression monte sur les marchés financiers. L’irrésistible envolée des prix de l’énergie , en particulier du gaz naturel, menace de faire dérailler la reprise. Les taux de rendement des obligations souveraines sont en nette hausse mercredi alors que les marchés actions plongent.

La Bourse de Paris lâchait plus de 2 % en milieu de journée, s’enfonçant sous les 6.500 points, en ligne avec les autres Places européennes. Le CAC 40 accuse une chute de près de 7 % depuis son pic du 13 août. A l’époque, il avait frôlé son record historique à près de 6.900 points. Wall Street ne devrait pas changer la tendance : les contrats à terme pointaient vers une ouverture en nette baisse.

Flambée des prix de l’énergie

En parallèle, les rendements obligataires continuaient de grimper. Le taux d’intérêt de l’OAT à 10 ans prenait 2,4 points de base à 0,18 %, son plus haut niveau depuis juin. Au Royaume-Uni, le rendement des Gilts de même maturité est remonté à son niveau de mai 2019, à 1,13 %.

La flambée des prix de l’énergie est dans tous les esprits. Mercredi, le prix du gaz naturel a encore bondi de 25 % sur le marché européen de référence pour inscrire un nouveau record historique. A de tels niveaux, l’envolée des prix de l’énergie est certaine d’avoir un impact délétère sur l’activité économique, mais les investisseurs manquent de recul pour l’estimer. Le Fonds monétaire international (FMI) a déjà prévenu qu’il abaisserait sa prévision de croissance mondiale pour 2021.

Les marchés redoutent la conjonction d’un ralentissement de la croissance et d’une hausse durable de l’inflation. Le choc inflationniste causé par la hausse continue des prix de l’énergie pourrait ainsi pousser les banques centrales à resserrer plus rapidement que prévu leurs politiques monétaires, alors même que la croissance fléchit. La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé mardi son taux directeur pour la première fois en sept ans.

« Les pressions inflationnistes sont élevées car sur de nombreux marchés, et notamment l’énergie, l’offre ne parvient pas à suivre la demande », rappelle toutefois Emmanuel Cau, stratège chez Barclays, qui reste positif sur les marchés d’actions européens. « Le secteur privé et les ménages ont traversé la crise sans trop de heurts, ils peuvent absorber une certaine hausse des coûts de l’énergie », ajoute-t-il.

Incertitudes

Il est difficile de connaître en amont le seuil de douleur des différents acteurs économiques. Tous ne sont pas égaux face à l’envolée des prix de l’énergie. Pour le moment, les estimations de résultats pour le troisième et quatrième trimestre restent bien orientées, « mais les analystes n’ont probablement pas encore pris en compte l’impact de la hausse de prix des matières premières et de l’énergie et le risque de voir les marges se contracter », prévient Roland Kaloyan, stratège à la Société Générale.

La publication des résultats du troisième trimestre à partir de la mi-octobre, et plus encore les commentaires des équipes de direction sur l’environnement actuel seront donc passés au crible par les investisseurs.

En attendant, ces incertitudes expliquent le rebond de la volatilité sur les marchés financiers ces derniers jours. Certains professionnels parlent ainsi d’une « séquence Yo-Yo » sur les Bourses mondiales. L’indice de la volatilité, surnommé l’indice de la peur car il tend à bondir en cas de tensions sur les marchés, a dépassé les 25 points en Europe. Il avait passé la majeure partie de l’été sous les 20 points.



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