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Economie

Les paris sportifs, l’autre grand enjeu de l’Euro

Le montant total des paris en ligne sur le championnat d’Europe de football pourrait dépasser le milliard d’euros en France.

Tous les amateurs de sport y sont confrontés, et parfois jusqu’à l’asphyxie. Eux, ce sont les sites et applications de paris en ligne dont les publicités déferlent sur les écrans des téléspectateurs à la mi-temps de chaque match, à l’aune de chaque émission évoquant de près ou de loin le sport. Si la pression publicitaire des Winamax, Parions Sport, Betclic ou autres est si forte, c’est que le secteur se porte à merveille, avec des chiffres records au premier trimestre 2021 et une concurrence toujours plus féroce. Alors que l’Euro commence ce vendredi soir, les principaux acteurs se livrent une bataille acharnée pour se partager le milliard d’euros de paris attendus pour l’évènement.

Qu’il est loin le temps du Loto Foot rempli sur un coin de zinc ! Jusqu’en 2010 pourtant, les paris sportifs étaient interdits en France comme part exemple betwinner france, à l’exception du bon vieux ticket de la Française des jeux crayonné au bistrot. Depuis cette ouverture à la concurrence, et malgré les risques d’addiction notamment chez les plus jeunes, les paris sportifs ont explosé sur internet. Ainsi, en 2020, le chiffre d’affaires des paris en ligne sportifs, hippiques et poker avait bondi de 22% pour atteindre 1,74 milliard d’euros. Et d’après les derniers chiffres de l’Autorité nationale des jeux (ANJ), le nombre de parieurs sportifs au premier trimestre 2021 a encore augmenté de 29% par rapport à 2020, pour un total de près de 2,5 millions de comptes joueurs actifs. Le début de l’Euro, ce vendredi soir, devrait donner un nouveau coup de fouet à l’écosystème : en 2018, la coupe du monde à elle seule avait généré en France 690 millions d’euros de paris. Certains observateurs estiment que si la France arrive en finale, l’Euro pourrait dépasser le milliard.

Prudence !

Pour autant, les plateformes de paris sportifs restent bien prudentes sur les gains financiers directement liés à l’Euro, alors qu’elles ont énormément dépensé en publicité autour de l’évènement. Sur le site Zebet, les parieurs n’ont commencé à réellement affluer que ces deux derniers jours pour le championnat d’Europe, et devraient surtout débouler en masse mardi, jour du premier match de l’équipe de France contre l’Allemagne. «L’Euro n’est pas un moment financièrement profitable pour nous, parce qu’on dépense beaucoup d’argent en publicités, que le marché est complètement saturé et qu’en plus la France est favorite, donc si elle gagne on va tous perdre beaucoup d’argent, explique Emmanuel de Rohan Chabot, le fondateur de Zebet, un site de paris en ligne. Économiquement, ce ne sera pas rentable immédiatement, l’intérêt n’est pas là. Mais les gens vont parler de foot, s’exciter sur le foot, acheter des maillots, des télévisions, et s’inscrire sur les sites de paris sportifs. C’est un grand moment de recrutement pour nous.»

Un moment de «recrutement», donc, qui passe par la publicité, omniprésente, quitte à en dégoûter même les plus grands amateurs de football. «Je trouve cela bizarre que l’on autorise des pubs si enthousiastes, qui encensent à ce point une pratique encore interdite il y a dix ans et dont on sait qu’elle peut être dangereuse», explique par exemple Jean, un jeune auteur de 29 ans passionné de sport.

Le fils du Roi

À ce sujet, une récente refonte de la réglementation sur les publicités de jeux d’argent contraint les entreprises du secteur à ne pas mettre en scène des mineurs ou des pratiques suggérant que le pari permet progresser sur l’échelle sociale ou de gagner sa vie. Ainsi par exemple, la fameuse publicité Winamax «Le fils du Roi», qui reprend les codes du Roi Lion de Disney pour porter aux nues devant toute sa cité un jeune parieur, a-t-elle été récemment interdite par l’ANJ, qui a le droit d’exiger le retrait d’une publicité qui ne respecte pas les règles. «Il y a pas mal de croyances erronées véhiculées par ce type de publicités, notamment croire que l’on peut gagner sa vie en pariant, explique Elsa Trochet-Macé, la directrice de la communication de l’ANJ. Or, en paris sportifs, seuls 0,02% des joueurs gagnent plus de 10.000 euros par an.» Ce n’est pas cela qui risque de «mettre la daronne à l’abri», comme le promet Winamax dans sa dernière campagne de pubs.

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