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Economie

Les patrons attendent du prochain président qu’il poursuive les réformes


TEMOIGNAGES – Si la majorité des entrepreneurs souhaitent la réélection d’Emmanuel Macron, ils attendent aussi que le futur président soit capable de réduire la fracture sociale et de s’emparer de l’écologie.

À huit mois de la présidentielle, les patrons, réunis à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs français, la Ref, organisée par le Medef, ont déjà les yeux braqués sur la future élection. La majorité d’entre eux aspire à une continuité politique, et ils sont notamment reconnaissants des efforts qui ont été faits pour réformer les lois fiscales et sociales. «J’attends de la stabilité politique pour continuer d’accompagner le mouvement des réformes en France qui a été très affecté par toute une série d’évènements nationaux et internationaux, notamment la pandémie et la crise des Gilets Jaunes», explique Franck Perrier, directeur général de l’agence de communication web Idaos.
Même ceux qui n’étaient pas partisans du président à l’origine estiment qu’il a aidé les entrepreneurs et le soutiennent. «À titre personnel, je me retrouverai plutôt dans la gauche, mais vu l’état du parti en ce moment, je ne pense pas voter à gauche. Je pense que je serai amené à voter Macron en raison de sa volonté de changer les choses. Je trouve aussi qu’il a une perception très forte de l’apport des start-up et de l’innovation dans le monde moderne, et de gros efforts ont été faits ces dernières années pour aider des sociétés comme la mienne à décoller», confie Aïssa Khelifa, directeur général de Milvue, une société d’intelligence artificielle dans le domaine de la santé.

Ils affirment aussi attendre un vrai débat démocratique. «Je voudrais qu’on ne revive pas ce que l’on a vécu lors de la dernière présidentielle, c’était une vraie catastrophe pour la démocratie», estime ainsi un lobbyiste qui travaille pour une confédération de grossiste. «On n’a pas besoin d’une présidentielle qui soit là juste pour créer des animaux politiques, abonde Jean-François Faure, directeur général de aucoffre.com, une société de vente de métaux précieux entre particuliers. On a besoin de personnes qui ont vraiment envie de gagner pour apporter quelque chose de positif au pays, un candidat qui soit opérationnel pendant cinq ans. Parce qu’aujourd’hui, vous venez d’être élu vous passez un an à discuter de comment vous avez été élu et presque deux ans avant la future élection à faire campagne… On l’a vu avec l’équipe actuelle qui a fait de très bonnes choses, mais seulement sur une année et demie, ce qui est extrêmement court».

« Je souhaite un candidat qui soit capable d’accompagner la transformation de la société en prenant en compte ces mouvements sociaux, mais aussi en faisant preuve d’une certaine fermeté ».

Franck Perrier, directeur général de l’agence de communication web Idaos

Crainte de la crise sociale

Les patrons sont nombreux à s’inquiéter de la fracture sociale, mise en lumière notamment par les manifestations anti-vaccins, qui leur fait craindre de nouveaux mouvements sociaux, voire l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. «Ce qui me fait peur, c’est la fracture profonde de la société française. Les minorités, quelles qu’elles soient, considèrent qu’elles ont le droit absolu de sortir du cadre de la vie commune et de faire n’importe quoi : casser, bloquer des routes… J’ai peur que cela se traduise par un vote protestataire, et que cela fragilise encore plus la société française, qui n’a pas besoin de ça», précise le directeur général de Milvue. «Je souhaite un candidat qui soit capable d’accompagner la transformation de la société en prenant en compte ces mouvements sociaux, mais aussi en faisant preuve d’une certaine fermeté», explique Franck Perrier.

Certains entrepreneurs attendent aussi que le futur président s’empare de sujets sociétaux, comme la transition écologique. Jean-François Faure regrette que le sujet de l’écologie soit trop politisé, et que seule la gauche s’en empare. À la manière de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, qui a déclaré dans son discours d’introduction «Les entrepreneurs sont les premiers écologistes de France», le directeur de aucoffre.com, estime qu’il faudrait un consensus sur le sujet. «Il faut que tout le monde s’en empare. Je ne souhaite pas qu’on se retrouve encore avec l’attitude classique qui consiste à nommer un ministre de l’écologie qui sera une sorte d’épouvantail et ne servira pas à grand-chose», affirme-t-il. Reste à savoir comment concilier la transition écologique et les attentes des patrons, qui s’opposent par exemple à la sortie du nucléaire.



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