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Economie

les pistes du gouvernement pour continuer à surveiller l’épidémie


Le gouvernement ne veut plus payer pour les «tests de confort», mais veut poursuivre sa fameuse stratégie «tester, alerter, protéger». Reste donc à déterminer dans quels cas les tests seront gratuits.

«Cet automne, les tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale, et ceci afin d’encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests.» Dès le 12 juillet dernier, lors de son allocution au Trocadéro, Emmanuel Macron avait prévenu : la gratuité absolue des tests de dépistage covid, qui devrait coûter près de 5 milliards d’euros à l’État en 2021, a fait son temps. Mais dans les faits, ce «déremboursement» s’avère plus difficile que prévu à mettre en place. Des arbitrages sont en effet en cours pour trouver le juste équilibre entre maintien d’une prise en charge pour les tests «utiles» (notamment en cas de symptômes), et non-remboursement des tests «de confort» (pour prendre un avion, aller au restaurant…). Une décision concernant les nouvelles modalités de remboursement ou non des tests devrait être rendue mardi prochain, pour application dès le 15 octobre.

Aujourd’hui, d’après nos informations, trois scénarios sont sur la table. Ils ont été présentés ce mardi par le gouvernement aux représentants des pharmaciens et biologistes, habilités à effectuer les tests nasopharyngés. La première option consiste à imposer une prescription médicale, émanant d’un médecin, pour accéder au remboursement. Mais cette option augmente le risque de congestion des salles d’attente. La deuxième consiste à permettre aux pharmaciens de prescrire eux-mêmes les tests. Mais le risque de débordements, si un pharmacien refuse de prescrire un test qu’il juge «de confort», est perçu comme trop grand par les professionnels.

Une option privilégiée

La troisième option, largement plébiscitée par les pharmaciens et biologistes et qui pourrait donc voir le jour le 15 octobre est ainsi définie : chaque citoyen pourra toujours se rendre en laboratoire ou en pharmacie pour faire un test, sans prescription. Le résultat du test sera alors donné gratuitement, et en cas de test positif le patient intégrera immédiatement le système de «contact tracing» mis en place par le gouvernement. En revanche, le test sera rendu payant pour les patients qui souhaitent avoir accès au QR code afin de mettre à jour leur passe sanitaire pour se rendre dans un restaurant ou de prendre un avion par exemple. Les prix n’ont pas encore été communiqués mais, aujourd’hui, un test antigénique en pharmacie coûte environ 25 euros à l’Assurance maladie, et un test PCR en laboratoire à peu près 50 euros.

Si ce système de remboursement est retenu, il sera informatisé et directement intégré à la plateforme spécifique pour les résultats de tests Covid, le SI-DEP. «Nous sommes très favorables à ce système, assure Philippe Besset, le président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF). Pour nous c’est plus sécurisant. La prescription pharmaceutique nous faisait porter une trop grande responsabilité et pouvait conduire à des débordements.»

Thierry Jacob, le dirigeant de la société de laboratoires Labio, n’est pas aussi enthousiaste. Pour lui, «le gouvernement maintient que tout citoyen français peut donc devenir son propre prescripteur et décider lui-même de s’il doit faire ou non un test PCR, dit-il. Le médecin que je suis se demande pourquoi il a passé autant d’années à la fac…» Globalement, les employés de laboratoires sont toutefois soulagés de la probable forte baisse du nombre de tests PCR à effectuer à partir du 15 octobre selon Myriam Delvigne, la présidente du Conseil national professionnel des techniciens de laboratoire médical. Certes les laboratoires privés risquent d’accuser «un manque à gagner prégnant», mais cette baisse d’activité va permettre à tous de retrouver «un véritable équilibre dans [leurs] organisations, très chamboulées depuis le début de la crise».

Contactée, la direction générale de la santé a simplement répondu que «les futures modalités sont en cours d’instruction» et qu’une communication «sera faite dès lors qu’elles auront été arrêtées».



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