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Finance

Les rémunérations des patrons de banques en baisse en raison de la crise



La crise sanitaire a pesé en 2020 sur les performances financières des banques françaises , les contraignant à passer des provisions pour anticiper des défauts de paiement. Et de façon plus ou moins importante, les rémunérations que les dirigeants des principaux établissements du pays toucheront au titre de cette année sont logiquement affectées.

Sous réserve de leur validation lors des assemblées générales du printemps, la plupart des rémunérations attribuées diminuent (jusqu’à -25 %) ou se maintiennent à peu près à flot pour les établissements ayant signé les plus fortes performances financières, selon les rapports que les banques viennent de publier.

La chute de la part variable

L’explication est à trouver dans la composante variable de ces rémunérations, liée à des critères de performance qui, l’an dernier, n’ont pas tous été atteints, en raison de la crise.

Il s’agit bien ici de la rémunération « attribuée » (et non « versée »), dont certaines composantes peuvent être étalées dans le temps, récupérées ultérieurement par l’employeur (« clawback ») ou revalorisées à la hausse comme à la baisse en fonction du cours de Bourse. 

Dans le détail, la chute de la rémunération affecte tout particulièrement le directeur général de Société Générale, Frédéric Oudéa . La rémunération totale qui lui est attribuée au titre de 2020 est de 2,63 millions d’euros – dont 50 % en salaire fixe – (contre 3,54 millions l’année précédente), soit une chute de 25 %.

En cause, le fait de ne pas avoir atteint certains objectifs (en matière de rentabilité des fonds propres, ou dans la maîtrise des coûts) mais aussi « la décision des mandataires sociaux exécutifs de renoncer à 50 % de la rémunération variable annuelle résultant de l’évaluation du conseil d’administration », précise le groupe.

La rémunération de Laurent Mignon, le patron de BPCE, s’inscrit, elle aussi, à la baisse, avec – outre 300.000 euros touchés au titre de la présidence de Natixis – une rémunération de 2,17 millions d’euros au titre de 2020 (dont 1,2 million de salaire fixe), en chute de 287.000 euros sur un an (-12 %).

D’autres dirigeants, à l’image du groupe qu’ils dirigent, ont en revanche limité la chute : c’est le cas, chez BNP Paribas, de Jean-Laurent Bonnafé, dont la rémunération totale attribuée au titre de 2020 est de 3,69 millions d’euros, contre 3,79 millions un an plus tôt, soit un écart de 100.000 euros.

Parmi les indicateurs pris en compte, le résultat net par action se tasse, alors que la cible en matière de résultat brut d’exploitation est dépassée. Le dirigeant atteint par ailleurs ses objectifs en matière de Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) entrant à hauteur de 10 % dans le variable.

Des rémunérations plus faibles en France

Chez Crédit Agricole SA (CASA), la rémunération totale attribuée au directeur général Philippe Brassac s’élève à 2,46 millions d’euros au titre de 2020, contre 2,36 millions d’euros au titre de l’année 2019.

Ce montant de 2,36 millions s’entend avant renonciation de 50 % de sa rémunération variable au titre de 2019 dans le contexte de la crise sanitaire. En en tenant compte, le montant attribué à Philippe Brassac au titre de 2019 était de 1,73 million d’euros.

Les baisses de rémunération viennent naturellement resserrer les écarts de salaires au sein des groupes, que les établissements sont tenus de mesurer.

Chez Société Générale, la rémunération attribuée au directeur général représente 36 fois la rémunération moyenne au sein du groupe (contre 47 fois l’année précédente). L’écart se resserre de 45 à 43 fois chez BNP Paribas.

Les rémunérations des patrons de banques françaises s’avèrent nettement inférieures à celles de certains confrères européens. Christian Sewing, le patron de Deutsche Bank, s’est vu attribuer 7,4 millions d’euros.

L’écart avec les dirigeants de banques américaines est encore plus frappant. Chez Morgan Stanley, James Gorman a ainsi touché 33 millions de dollars en 2020 à l’issue d’une année record.



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