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Finance

Les résultats des réassureurs marqués par la guerre en Ukraine



La guerre en Ukraine pèse sur les résultats des réassureurs. Vendredi, le français SCOR a annoncé essuyer 80 millions d’euros de pertes sur les trois premiers mois de l’année, après avoir mis de l’argent de côté pour faire face aux conséquences du conflit entre Kiev et Moscou.

Le groupe, qui avait prévenu qu’il tomberait dans le rouge ce trimestre, a ainsi établi une provision liée à la guerre de 85 millions d’euros. Son cas n’est pas isolé. Swiss Re a annoncé une perte de 248 millions d’euros après avoir décidé de mettre en réserve 283 millions pour faire face au conflit. Hannover Re, qui a été profitable au premier trimestre, a mis de côté 143 millions dans la même logique.

« Nous avons fait le choix d’anticiper », a justifié vendredi le directeur général de SCOR, Laurent Rousseau. Les réassureurs s’attendent à devoir absorber les indemnités versées par les assureurs au titre des assurances contre les risques politiques, des assurances crédit ou encore des assurances spécialisées pour le transport maritime .

Pas de notification de sinistre

La ligne d’activité la plus touchée pourrait être celle d’assurance du secteur de l’aviation après que Moscou a décidé de clouer sur le sol russe des centaines d’avions de ligne occidentaux en réaction aux sanctions visant le pays. Les agences de notation ont estimé que cela pourrait coûter autour de 10 milliards de dollars aux assureurs et réassureurs.

Pour autant, les réassureurs restent dans le flou. « A ce stade, nous n’avons pas reçu de notification formelle de sinistre de la part des [compagnies d’assurance] cédantes », a relevé Romain Launay, responsable de l’assurance dommages chez SCOR.

Les conséquences financières de la mainmise de la Russie sur les avions détenus par des sociétés de leasing occidentales apparaissent particulièrement difficiles à évaluer. L’important loueur d’avions AerCap a déclaré un sinistre de 3,5 milliards de dollars.

Toutefois, avant de pouvoir fixer le montant de la facture et sa répartition entre les acteurs de l’assurance et de la réassurance, il faudra – entre autres – déterminer s’il y a confiscation ou vol des avions ou encore si leur blocage constitue un évènement à lui seul ou une série d’évènements, car les polices d’assurance jouent différemment selon les cas.

Des années de débat en vue

Signe de la complexité du sujet, le réassureur Hannover Re a précisé cette semaine que les réserves qu’il a constituées excluaient l’aviation. « Ce sont des sujets qui vont prendre des mois et sans doute plutôt des années avant de trouver leur fin », a noté de son côté Alban de Mailly Nesle, le directeur financier d’AXA, à l’occasion d’un point sur l’activité du groupe jeudi.

Comme SCOR, l’assureur estime qu’à ce stade, le coût du conflit est équivalent pour le groupe à celui d’une « catastrophe naturelle de taille moyenne ». Le secteur surveille cependant avec attention les conséquences macroéconomiques du conflit telles que le ralentissement de l’activité en Europe, le relèvement des taux d’intérêt et le retour en force de l’inflation.

Le Covid-19 se fait encore sentir

Le secteur de la réassurance continue par ailleurs d’être touché par la mortalité liée au Covid-19, notamment aux Etats-Unis. Celle-ci a coûté 195 millions d’euros à SCOR mais a aussi pesé sur les résultats de Swiss Re.

La branche doit aussi faire face, sur fond de changement climatique, à un nombre élevé d’importantes catastrophes naturelles. Ces derniers mois, il a dû encaisser le choc des tempêtes en Europe, des inondations en Australie ou encore de la sécheresse au Brésil.

Pour maintenir le cap de la croissance, les assureurs peuvent cependant compter sur une poursuite de l’augmentation du prix de leurs couvertures.

ISS donne son feu vert au maintien de Denis Kessler à la présidence de SCOR

L’agence de conseil en vote ISS se montre favorable au changement de statuts proposé par le réassureur SCOR lors de son assemblée générale (AG) du 18 mai prochain. Ce changement ouvre la voie au maintien de Denis Kessler à la présidence de SCOR encore deux ans alors qu’il a atteint aujourd’hui la limite d’âge de 70 ans, supposant normalement de quitter ce poste après l’AG. Dans une note publiée en amont de l’AG, ISS recommande en revanche de voter contre la rémunération prévue pour Denis Kessler au titre de ses fonctions de président-directeur général exercées jusqu’en 2021. Elle ne s’oppose pas en revanche à la rémunération de Denis Kessler en tant que président.



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