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Finance

L’horizon s’assombrit pour les marchés émergents



La fête est déjà finie pour les marchés émergents. Après avoir démarré l’année en fanfare , les principales Bourses asiatiques et latino-américaines accusent le coup. En cause, la remontée des taux d’intérêt de long terme aux Etats-Unis, qui pèse sur l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués, dont les actions des pays émergents.

L’indice MSCI Marchés émergents a chuté de plus de 10 % depuis son pic du 17 février, davantage que le Nasdaq (-8 %) à forte coloration technologique, également malmené dans ce contexte. La chute a été particulièrement sévère en Chine, qui représente près de la moitié de l’indice. L’indice CSI 300 des Bourses de Shanghai et de Shenzhen accuse une baisse de près de 15 % par rapport à son pic du 10 février.

La crainte d’un nouveau « taper tantrum »

« Les actifs des marchés émergents ont déjà fortement réagi à la remontée des taux des marchés développés », observent les analystes de l’Institute of International Finance. « Le risque d’un véritable ‘taper tantrum’ en 2021 reste élevé », mettent-ils en garde. Le souvenir du vent de panique qui avait secoué les marchés émergents en 2013 est encore vivace. A l’époque, la simple perspective d’une remontée des taux directeurs de la Fed avait déclenché une fuite massive de capitaux des pays en développement vers les Etats-Unis et l’Europe.

Pour éviter le pire, les banques centrales brésilienne et russe ont déjà augmenté leurs taux directeurs dernièrement, et d’autres pourraient suivre. Mais leur marge de manoeuvre est limitée. Un resserrement trop violent des conditions de financement risquerait de mettre en péril la reprise de l’activité cette année. « Autant dire que les prochains mois du monde émergent risquent d’être chahutés », estime l’économiste Véronique Riches-Flores, selon qui la récente appréciation du dollar pourrait accentuer les pressions inflationnistes sur ces pays.

A court terme, la dégradation de la situation sanitaire dans plusieurs grands pays émergents pourrait continuer à peser sur l’appétit des investisseurs. L’Inde et le Brésil font ainsi face à une recrudescence importante des infections. Mais au-delà de ces turbulences temporaires, les pays émergents conservent un potentiel de croissance supérieur aux économies développées, note Frédéric Rollin de Pictet AM. L’Inde pourrait enregistrer la plus forte croissance au monde cette année, avec une progression de plus de 12 %, devant la Chine (7,8 %), selon l’OCDE.

Forte croissance potentielle

« La dynamique est moins bonne qu’en tout début d’année, mais les marchés émergents restent attractifs à moyen terme », estime-t-il, du moins « tant que la Réserve fédérale américaine maintient une politique monétaire accommodante », ce qu’elle s’est engagée à faire pour les prochaines années.

Autre point positif, le retour en force du risque politique en Turquie après le limogeage du gouverneur de la Banque centrale n’a pas entraîné de vaste mouvement de retrait des investisseurs de l’ensemble des marchés émergents. « L’absence de contagion prouve la solidité de ces économies et la capacité des investisseurs étrangers à discriminer entre pays », ajoute l’économiste. Certains professionnels ont profité du récent accès de faiblesse des Bourses émergentes pour ajuster leurs paris. BlackRock a ainsi réduit son allocation au Brésil, lui préférant le Mexique, mieux placé pour bénéficier d’une reprise rapide de l’activité aux Etats-Unis, et le Chili, bien plus en avance dans sa campagne de vaccination.



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