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Economie

L’immobilier de luxe résiste grâce aux acheteurs français


Malgré un net recul des transactions avec des acheteurs étrangers, les réseaux immobiliers haut de gamme tirent leur épingle du jeu. Les prix se maintiennent voire augmentent encore.

Après le bilan des grandes enseignes généralistes de l’immobilier (Century 21, Fnaim, Orpi, etc.) en début d’année, c’est autour des spécialistes du luxe et du haut de gamme de faire le point. On pouvait craindre une année 2020 difficile et des perspectives 2021 encore plus sombres pour ces métiers très exposés à la clientèle étrangère. Finalement, les échos sont assez rassurants car malgré l’empêchement quasi-total pour les Américains ou les Asiatiques de s’offrir de la pierre en France, le marché est resté animé grâce à une activité bien plus importante que d’habitude de la clientèle française.

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«Nous venons de finaliser 60 millions d’euros de ventes en 4 jours, se félicite Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau. Nous avons une clientèle française à fort patrimoine qui voit que les actifs mobiliers rapportent très peu ou sont peu sûrs et préfère donc investir dans une résidence principale ou secondaire dont la valeur est moins volatile et dont elle pourra profiter. Et le phénomène est d’autant plus fort que ces acheteurs se disent qu’ils ont plus d’opportunités en cette période compliquée.» Une forte présence française qui se confirme dans les chiffres: pour les biens à plus de 3 millions d’euros, Féau annonce que la proportion de clients internationaux est passée de 42% en 2019 à 27% en 2020.

Les étrangers restants sont généralement des Européens qui viennent en voisin mais aussi des clientèles du Moyen-Orient disposant souvent d’un jet privé. Mais le fait que les acquéreurs soient aux trois quarts français n’a pas changé la dynamique du marché. Sur ce segment du luxe, l’enseigne revendique à Paris pour 2020 une vente tous les trois jours entre 3 et 35 millions d’euros à un prix moyen de 4,970 millions d’euros. Des chiffres très comparables à 2019 et surtout un prix moyen au mètre carré qui continue à bondir de 9,2% pour passer de 17.091 à 18.667 euros.

Baisse de prix pour les biens avec défauts

De son côté, le réseau Barnes souligne lui aussi que la pierre remplit plus que jamais son rôle de valeur refuge. «La crise a rappelé à tous que le logement, c’est un refuge pour la famille, pour ses finances et aussi pour son activité professionnelle», rappelle Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes. Il note tout de même que l’année 2020 marque une rupture sur le marché parisien avec un rééquilibrage entre l’offre et la demande après un début d’année qui avait connu une forte hausse des prix.

Le marché s’est depuis rationalisé notamment avec une baisse estimée de 10 à 15% pour les biens avec défauts. Sur l’année 2020, l’enseigne accuse un recul de 18% de son chiffre d’affaires dans la capitale (sur la base des promesses de vente). Le créneau qui s’en sort le mieux, comme pour la plupart des réseaux, c’est le dessus du panier. Les biens à plus de 5 millions d’euros sont les seuls à progresser chez Barnes (+125% de ventes avec 56 transactions). Mais si la capitale recule pour cette enseigne, elle profite de la nouvelle tendance de la résidence «semi-principale». Ces clients souhaitent passer plus de temps dans leur résidence secondaire, y travailler régulièrement, voire y installer leur famille. Ainsi, il dope l’activité autour de Deauville, du bassin d’Arcachon ou de Biarritz.

C’est sur ce créneau de l’hyperluxe que John Taylor a conclu après le confinement une vente record dans la capitale: 45.000 €/m² pour un penthouse de 180 m² avec terrasse en plein triangle d’or, avenue Montaigne. Une vente réalisée avec un client étranger comme encore 55% des transactions de cette enseigne (contre 65% l’an dernier). Cela n’empêche pas les Français de contribuer eux aussi à des sommets comme ces 1500 m² entre Cannes et Monaco partis pour plus de 50 millions d’euros. Sur ce même secteur de la Côte d’Azur, le groupe Michaël Zingraf Christie’s International Real Estate se félicite d’avoir pu concrétiser 107 ventes dont 4 dépassent les 7 millions d’euros. C’est notamment le cas du «Grand Jardin», l’unique propriété privée de l’île Sainte-Marguerite, face à la baie de Cannes, cédée pour 45 millions d’euros.

La Normandie et la Bretagne attirent

Et pour 2021? «Aujourd’hui, nous avons encore un grand nombre de transactions sous compromis. Ceci nous amène à espérer que 2021 sera une belle année en dépit du contexte, souligne Alexander Kraft, directeur général de Sotheby’s International Realty France – Monaco. Nous avons remarqué un intérêt grandissant de la part des acheteurs étrangers, qui se renseignent notamment sur le marché parisien.» Une confiance dans l’avenir et dans le retour des étrangers qui se traduit notamment par l’ouverture prévue de 7 à 10 nouvelles agences pour l’année 2021. Même sérénité du côté de Féau qui reste persuadé du pouvoir d’attraction durable de Paris. «Nous ne voyons pas comment l’étroitesse de l’offre pourrait disparaître à court et moyen terme et nous n’observons pas, loin s’en faut, un affaiblissement de la demande», précise Charles-Marie Jottras qui estime que ce marché restera donc tendu en 2021.

La confiance de ces professionnels semble d’ailleurs partagée par les Français, à en croire un sondage mené par Propriétés Le Figaro. Si 56% des personnes interrogées sont optimistes pour l’orientation du marché immobilier, elles sont même 69% à penser cela pour le marché du prestige. Ces acheteurs de prestige restent attachés aux critères géographiques classiques pour leur future acquisition (emplacement, localisation et environnement) mais se montrent de plus en sensibles à la verdure et à la proximité du littoral. Ils sont aussi de plus en plus désireux d’acquérir une villa (50% ; + 3pts) au détriment d’un appartement, et plébiscitent davantage la Normandie et la Bretagne (26% ; +3pts) ainsi que la Provence (14% ; +2pts). La présence d’un jardin est également une priorité pour 16% d’entre eux depuis le premier confinement. De quoi alimenter le marché dans les mois qui suivent.





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