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Finance

L’inflation, une menace encore lointaine pour les entreprises



Le retour de l’inflation risque de faire dérailler les marchés financiers , mais pour les grandes entreprises, la menace est loin d’être imminente. Elles se sont généralement montrées confiantes dans leur capacité à défendre leurs marges face à la hausse des coûtes de production lors de la présentation des résultats du premier trimestre.

« Les entreprises n’ont pas fait part d’une « angoisse de l’inflation » particulière », notent les analystes de Barclays, qui ont compilé 280 présentations lors de la saison écoulée. « En dépit d’une inflation plus élevée des coûts de production, la majorité des entreprises a pu maintenir ses marges jusqu’à présent », ajoutent-ils.

Les marges retrouvent des couleurs

A n’en pas douter, la question est revenue sur les radars des grands groupes. Les mentions du terme «inflation» ont explosé de 800 % sur un an aux Etats-Unis, et de 200 % en Europe lors de cette saison des résultats, d’après une analyse de Bank of America.

Les entreprises n’ont pas fait part d’une « angoisse de l’inflation » particulière

Barclays

Elles ont principalement fait état d’une hausse du prix des matières premières et du fret au cours des mois écoulés. En revanche, les mentions d’inflation salariale ont décliné sur un an aux Etats-Unis. Les choses pourraient changer avec la réouverture des économies et la relance de l’activité des restaurants et des bars, prévient toutefois la banque américaine.

Dans l’immédiat, les marges des entreprises ont retrouvé des couleurs avec la reprise. Aux Etats-Unis, elles ont atteint un niveau record de 12,3 % au premier trimestre rapporte Bank of America, hors secteur financier. En Europe, « près des deux tiers des sociétés étudiées comptent accroître leurs marges cette année », notent les analystes de Barclays.

Plans de réduction des coûts

Elles ont en effet réalisé des efforts substantiels au cours de l’année écoulée pour réduire leurs coûts face à la chute historique de l’activité liée aux confinements. Avec la reprise, les entreprises voient donc leurs profits augmenter plus rapidement que leur chiffre d’affaires.

L’Observatoire des multinationales a ainsi comptabilisé plus de 60.000 suppressions de postes annoncées par les entreprises du CAC 40 au cours de l’année écoulée. Les entreprises les plus durement frappées par la crise ont engagé les réductions d’effectifs les plus importantes, notamment chez Airbus, Safran ou Renault. Mais d’autres sociétés, moins touchées, ont également réduit leurs coûts, dont Orange, Danone, Sanofi ou encore la Société Générale.

L’inflation peut gonfler les marges

Aujourd’hui, « la plupart des entreprises pensent pouvoir augmenter leurs prix et être en capacité de gérer leurs coûts », souligne Barclays.

« Dans un contexte d’inflation plus élevée, nous avons déjà obtenu de nouvelles augmentations des prix de vente et sommes en train d’en appliquer d’autres au cours du deuxième trimestre », a ainsi indiqué le géant américain des matériaux de construction PPG. Un discours également tenu par Caterpillar ou encore Colgate-Palmolive.

Barclays pointe par ailleurs qu’historiquement, une inflation plus élevée implique généralement des bénéfices en hausse. « En effet, en plus de faire enfler le chiffre d’affaires, une inflation plus élevée améliore également les marges des entreprises, car celles-ci ont généralement tendance à répercuter leurs coûts plus élevés sur les clients lorsque la demande s’améliore », explique la banque.



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