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Finance

L’opacité des hedge funds contestée par les sociétés américaines



Publié le 28 oct. 2020 à 13:58

Un régulateur en guerre contre la transparence. Le très décrié projet de modification des seuils de publication des participations a donné cette impression à de nombreuses sociétés cotées. Aux Etats-Unis, les sociétés de gestion, hedge funds et notamment les activistes , gérant plus de 100 millions de dollars, doivent rendre publiques leurs participations dans les sociétés cotées et certains dérivés (options, warrants, obligations convertibles) au maximum 45 jours après la fin du trimestre.

Ils remplissent les fameux formulaires 13F qui recensent leurs investissements. Tout investissement boursier de plus de 10.000 actions ou d’une valeur de 200.000 dollars est ainsi communiqué au régulateur et rendu public aux marchés et investisseurs. Leurs positions de vente à découvert (paris à la baisse) peuvent rester confidentielles.

Cette règle de transparence des participations qui leur est imposée depuis 1978, le régulateur, la Securities and Exchange Commission (SEC) voulait la faire voler en éclat en portant le seuil à 3,5 milliards de dollars de capitaux gérés. En 42 ans, la capitalisation boursière américaine a été multipliée par 30, et le seuil devait donc évoluer lui aussi et progresser d’un montant comparable.

Selon le projet, tous les gérants ou hedge funds ayant un portefeuille boursier inférieur à 3,5 milliards de dollars n’auraient pas eu à rendre publics leurs placements. Plus de 90 % des hedge funds astreints actuellement à la règle des 13F y auraient échappé avec le nouveau seuil. Cela aurait été le cas pour les sociétés d’investissement familiales de George Soros , John Paulson et l’activiste David Einhorn .

Activistes

Mais le projet a suscité une opposition unanime des sociétés cotées américaines, de certains investisseurs comme Warren Buffett et même, fait plutôt rare, d’un des quatre « commissaires » de la SEC, Allison Herren Lee. Ce nouveau règlement devrait être abandonné ou fortement amendé (augmentation modérée du seuil ou choix d’un nouveau critère). Selon Goldman Sachs sur les 2.262 lettres reçues par la SEC en consultation de son projet, 99 % faisaient part de leur opposition. Les entreprises redoutent notamment que les hedge funds activistes en profitent pour monter dans leur capital dans la plus grande opacité. Les fonds peuvent déjà tenter de déroger à la règle des 13F en motivant leur décision auprès du régulateur. Ils peuvent obtenir le cas échéant quelques jours supplémentaires (6 maximum) pour rendre publiques leurs participations.

Régulation souple

Nommé par Donald Trump , Jay Clayton, le président de la SEC est sur la même ligne que le républicain en matière de moins-disant réglementaire. Il a cherché à réduire « les fardeaux non nécessaires » et les coûts de conformité des investisseurs qui doivent remplir scrupuleusement leurs formulaires 13F. Cela permettrait d’économiser entre 68 et 136 millions de dollars par an pour le secteur de la gestion et des fonds.

Une tradition, le président du régulateur des marchés américains démissionne après une élection présidentielle même si le locataire de la maison Blanche est réélu. C’est le ou la successeur de Jay Clayton lequel lorgne un poste de procureur général ou dans le secteur privé, qui devrait hériter de ce projet controversé. Sous son mandat, la SEC a opté pour une approche souple et peu contraignante pour Wall Street.



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