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Finance

Moderna réalise une entrée triomphale dans le S & P 500



Publié le 22 juil. 2021 à 18:17Mis à jour le 22 juil. 2021 à 18:31

Inconnue du grand public il y a encore deux ans, la biotech Moderna possède désormais une renommée mondiale. Comptant parmi les toutes premières sociétés pharmaceutiques à avoir développé un vaccin efficace contre le Covid, le groupe américain a fait une entrée triomphale mercredi dans le plus suivi des indices boursiers de Wall Street, le S & P 500.

Avec l’envolée de plus de 200 % de son cours depuis le début de l’année, la biotech fondée en 2010 s’est adjugée d’office le titre de la meilleure performance de l’indice. Il était jusqu’alors détenu par L Brands, détenteur de la marque de lingerie Victoria’s Secret, avec une progression d’un peu plus de 100 % cette année, contre une hausse de 16 % du S & P 500.

Parcours boursier exceptionnel

Le parcours boursier de Moderna est exceptionnel. Sa valorisation oscillait entre 4 et 8 milliards de dollars depuis sa cotation en décembre 2018. Il s’agissait déjà de la plus importante introduction en Bourse alors réalisée par une biotech. La pandémie de coronavirus lui a donné un formidable coup d’accélérateur. En dix-huit mois, sa capitalisation a explosé pour dépasser les 130 milliards de dollars actuellement.

Il faut dire que la société dirigée par le Français Stéphane Bancel, devenu milliardaire grâce à elle , a été pionnière dans le développement de la technologie de l’ARN messager, dont elle tire son nom. Elle s’appelait même ModeRNA Therapeutics jusqu’en 2018.

Aucune vente en 2019

La pandémie de coronavirus a permis de démontrer toute la flexibilité de cette technologie. La formulation du vaccin n’a ainsi pris que deux jours, en janvier 2020, une fois le génome du virus connu. Ses applications potentielles sont immenses, allant des maladies cardiaques aux cancers .

Autant d’opportunités qui ont de quoi faire saliver les investisseurs : les marchés potentiels s’élèvent à plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de dollars. Moderna travaille notamment sur un vaccin contre le Zika et contre la grippe. En attendant, elle bénéficie pleinement du succès de son vaccin contre le Covid.

Moderna, qui n’avait encore aucun produit commercialisé en 2019, prévoit de produire au moins 800 millions de doses cette année, et d’en vendre pour plus de 19 milliards de dollars. Elle pourrait dégager plus de 10 milliards de cash en 2021 après avoir enregistré des pertes de plus de 700 millions l’année dernière.

BioNTech, l’autre pari « pure-play » de l’ARN messager

Elle n’est pas la seule dans ce cas. L’allemande BioNTech a parié sur la même technologie, et s’est associée au géant Pfizer pour la production de son vaccin. Son chiffre d’affaires est passé de 27 millions d’euros au premier trimestre 2020 à plus de 2 milliards sur les trois premiers mois de 2021.

BioNTech, qui affichait également des pertes de plusieurs dizaines de millions d’euros au cours des années précédentes, pourrait dégager des profits de près de 7,5 milliards d’euros en 2021. Son cours a été multiplié par près de 7 depuis début 2020, sa capitalisation boursière passant de 8 à plus de 55 milliards d’euros.

Les grands laboratoires font moins rêver

A l’inverse, les grands laboratoires pharmaceutiques, qui ont pris part à la course aux vaccins contre le Covid, n’ont pas engendré d’enthousiasme particulier chez les investisseurs. Pfizer a gagné un peu plus de 10 % en Bourse depuis le début 2019, tout comme AstraZeneca. Johnson & Johnson a pour sa part pris plus de 15 %.

« Avec Moderna et BioNTech, les investisseurs font un pari ‘pure-play’ sur les possibilités offertes par la technologie de l’ARN messager », explique Adeline Salat-Baroux, gérante d’un fonds spécialisé dans la santé chez Edmond de Rothschild AM. « En revanche, toutes les avancées des grands laboratoires ne sont pas aussi bien valorisées, ce qui leur donne un potentiel énorme de rattrapage », ajoute-t-elle.

Pfizer affiche ainsi une capitalisation de 230 milliards de dollars en dépit d’un chiffre d’affaires attendu à plus de 70 milliards et des profits qui pourraient dépasser les 20 milliards cette année.

Stéphane Bancel, milliardaire grâce au Covid

C’est le Français qui grimpe dans les classements des plus grandes fortunes mondiales. Stéphane Bancel, âgé de 49 ans et diplômé de l’Ecole Centrale et de la Harvard Business School, possède 6 % du capital de Moderna, dont il a pris les rênes en 2011 après avoir dirigé le laboratoire BioMérieux. A l’époque, la jeune biotech ne détenait qu’un brevet et n’avait qu’un seul employé. Il a également perçu plus de 8 millions de stock-options valorisées à hauteur de 2,6 milliards de dollars. Au total, sa fortune est estimée à près de 10 milliards de dollars par Bloomberg, ce qui en fait le huitième Français le plus riche, et la 252e fortune mondiale.



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