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Economie

Moins d’une entreprise sur dix mesure bien ses rejets de CO2


La plupart des sociétés veulent réduire leur impact climatique mais peinent à l’évaluer, selon une enquête du BCG. Le consultant mise sur l’intelligence artificielle pour y remédier.

«Difficile de perdre du poids lorsqu’on ne dispose pas de balance». C’est ainsi que Sylvain Duranton, du Boston Consulting Group (BCG) résume d’une façon imagée l’étude qu’il a conduite, publiée ce mercredi. Celle-ci établit que moins d’une entreprise sur dix (9%) estime mesurer ses émissions de gaz à effet de serre de manière précise alors que 85% déclarent chercher à réduire leur empreinte climatique. L’enquête a été menée auprès de 1290 entreprises de neuf grands secteurs, réparties dans douze pays.

Lorsqu’il s’agit de mesurer les rejets de CO2 de l’activité directe d’une société et de sa consommation d’énergie, cela reste relativement aisé. Dès lors que l’on veut prendre en compte le bilan carbone des fournisseurs, cela relève du casse-tête. «C’est même vertigineux, quand on pense aux dizaines de milliers de références d’un hypermarché, par exemple», commente Sylvain Duranton.

La difficulté de l’exercice est telle que les entreprises interrogées par le BCG estime leur marge d’erreur dans leurs mesures entre 30% et 40%. Cela laisse songeur quand certaines s’engagent à réduire leur pollution de ce même ordre de grandeur.

L’enquête révèle aussi que 86% des entreprises remplissent encore à la main des tableaux Excel pour déclarer leurs émissions de CO2 dans leurs rapports annuels. Si le BCG, par ailleurs partenaire de la COP26, s’intéresse à la question, c’est qu’il est pourvoyeur de solutions. Sylvain Duranton, sociologue et mathématicien de formation, dirige BCG Gamma, l’unité d’intelligence artificielle et de gestion des données du cabinet de conseil. Un service créé il y a six ans qui compte déjà 1400 employés répartis dans le monde, pour beaucoup, de jeunes «data scientists».

Une centaine de base de données

BCG Gamma a acquis une centaine de bases de données fournissant des masses de chiffres sur des secteurs variés. Son savoir-faire consiste à croiser à bon escient ces bases de données. Avec quel résultat? Sylvain Duranton prend l’exemple d’un producteur de boisson. Jusqu’ici, l’entreprise calculait ses émissions de CO2 moyennes liées à la fabrication de bouteilles en verre, très énergivores. L’intelligence artificielle, fondée sur les bases de données permet d’affiner ces estimations en prenant en compte les centaines de modèles différents de bouteilles, qu’ils soient produits en France, en Inde ou ailleurs. La solution développée par le BCG est déjà utilisée dans la cimenterie ou la grande distribution. Elle opère par une simulation très fine plutôt que par des mesures directes des activités, qui seraient aussi longues et délicates à mener. Alors que l’intelligence artificielle suscite encore une certaine méfiance, auprès du grand public, l’un des défis de Sylvain Duranton face à ses clients est de les convaincre qu’«une bonne simulation vaut mieux qu’une mauvaise mesure».



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