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Economie

Naval Group présente un prototype de grand drone océanique sous-marin


Le groupe français dévoile une douzaine d’innovations, qui préfigurent le combat naval du futur avec ses essaims de drones et ses navires connectés «invulnérables».

Touché mais pas coulé. Après le choc créé par l’annulation par l’Australie, du «contrat du siècle» dans les sous-marins mi-septembre, Naval Group a eu à cœur de démontrer qu’il tenait le cap afin de rester aux avant-postes de l’innovation. Le leader européen du naval militaire travaille activement sur le combat naval du futur, qui sera connecté au sein d’une bulle numérique, et de haute intensité. Les Marines devront mettre en œuvre des «navires invulnérables», des drones, des engins robotisés ainsi que des systèmes de propulsion de nouvelle génération.

Au cours de ses 5ème Innovation Days, Naval Group a présenté, ce jeudi 7 octobre, 12 innovations de nature à révolutionner la façon de faire la guerre sur et sous les océans en contrant les nouvelles menaces telles que les essaims de drones ou encore les missiles supersoniques.

Mission de surveillance autonome en 2022

Fleuron de ces travaux, un démonstrateur de grand drone sous-marin océanique, développé sur fonds propres depuis cinq ans, en partenariat avec Thales, qui fournit le sonar, et la start-up Delfox, spécialiste de l’Intelligence artificielle (IA). L’engin, autonome, est capable de reconfigurer sa mission et sa trajectoire, en fonction de l’évolution de la situation, grâce à son IA embarquée, qui lui donne «une autonomie décisionnelle».

Ce drone sera employé pour des missions de renseignements, de protection, de détection sous-marine au service d’un groupe aéronaval, de navires de surface et de sous-marins. Un premier démonstrateur – 10 tonnes sur la balance, 10 mètres de long – a mené une première campagne d’essais, en février 2021, au large de Toulon. L’étape suivante est programmée en 2022 avec l’engagement du drone dans une mission de surveillance autonome.

Contrairement aux drones actuels, qui restent à proximité des navires, ce drone océanique «donnera de l’allonge», selon l’expression de Pierre-Éric Pommellet, PDG de Naval Group, «ainsi que des capacités d’observation et de défense supplémentaires» aux Marines qui s’en équiperont. Les drones océaniques pourront réaliser des missions, de plusieurs milliers de kilomètres, pendant plusieurs semaines, en toute autonomie. «Ce ne seront pas des drones télé opérés, avec un fil à la patte», explique Eric Papin, Directeur de l’Innovation chez Naval Group.

Si les essais sont concluants, un premier drone océanique pourrait entrer en service dans la Marine Nationale, avec laquelle l’entreprise va ouvrir des discussions, à l’horizon 2025. D’ici là, Naval Group devra avoir tranché sur le mode de propulsion de ce drone qui pourrait fonctionner à l’hydrogène au lieu de batteries Diesel-électrique, comme c’est le cas pour les sous-marins conventionnels.

Propulsion à base d’hydrogène

L’amélioration de l’efficacité énergétique et la réduction des émissions polluantes font aussi partie de la feuille de route technologique de Naval Group. Ce dernier travaille en partenariat avec Saft sur le développement de batteries au Lithium-Ion. Il a également qualifié un système de production d’énergie en immersion (AIP) qui permet de recharger les batteries des navires et sous-marins à propulsion conventionnelle (Diesel-électrique). «Ces AIP sont prêtes à être intégrés sur les bateaux de nos clients», précise Eric Papin. Ces systèmes donnent une autonomie quasiment illimitée aux bateaux, en attendant que les solutions à base d’hydrogène soient au point.

Autre champ d’innovation, les essaims de drones. «Ils peuvent constituer une menace de type saturante mais nous pouvons aussi les utiliser à notre profit pour répondre à ce type de menaces», explique Eric Papin. Naval Group développe aussi des démonstrateurs, en partenariat avec des start-up, afin de tester comment détecter les essaims hostiles et comment les neutraliser en utilisant des lasers. Autre innovation majeure, le développement de drones aériens lancés depuis un sous-marin.

Cybersécurité et serveurs embarqués

Enfin, le groupe a présenté plusieurs solutions permettant d’apporter l’innovation technologique à bord de bateaux existants, via des mises à jour de logiciels. «Tout comme les avions de combat, les frégates, par exemple, passeront d’un standard à l’autre. C’est le cas des frégates d’intervention et de défense (FDI) qui​ constituent le démonstrateur de l’innovation. Pour la première fois, toutes les fonctions de combat sont intégrées est dans un bloc distinct. L’ensemble de ses systèmes d’information sont sur des serveurs embarqués. La cybersécurité du navire est assurée par design. Le radar est à panneaux plans, l’intégralité du système est gérée de manière électronique», développe Pierre-Éric Pommellet.

Intégrés au sein d’une bulle numérique cyberprotégée, tous les acteurs du combat naval devront être interopérables et «invulnérables», résume Naval Group.



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