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Finance

Nouvelles hausses de prix attendues dans la réassurance



Publié le 9 sept. 2021 à 7:34

La note de fin d’année risque d’être salée pour les assureurs. Les réassureurs, vers lesquels ils se tournent pour prendre en charge une partie de leurs risques, misent sur l’augmentation du prix de leurs couvertures après la crise du Covid-19 et une série de coûteuses catastrophes naturelles. Une évolution potentiellement cruciale pour la facture des assurés.

« Je pense que les prix vont continuer à augmenter », explique « aux Echos » Christian Mumenthaler, le directeur général du géant de la réassurance, Swiss Re, en marge des Rendez-vous de septembre de Monte-Carlo organisés comme chaque année par les professionnels pour échanger sur le marché en amont du renouvellement des contrats avec les assureurs.

Des catastrophes naturelles très sévères

Comme l’an dernier, la grand-messe annuelle du secteur s’est transformée, pandémie oblige, en série de visioconférences. Et comme l’année dernière , l’industrie table sur des hausses de tarifs après que des chocs répétés ont pesé sur sa profitabilité.

« Nous avons eu de très bonnes années entre 2012 et 2016, mais ensuite nous avons eu une série d’années très sévères en termes de catastrophes naturelles, puis le Covid. Cette année s’inscrit dans la continuité, avec des pertes importantes encore liées à la pandémie et aux phénomènes climatiques », poursuit Christian Mumenthaler.

SCOR parie lui aussi sur des hausses de prix. Lors d’une présentation aux investisseurs, mercredi, le réassureur français a rehaussé ses prévisions, tablant sur une croissance des primes sur fond de « marché qui se redresse et (de) conditions tarifaires avantageuses ».

La pandémie a d’ores et déjà coûté autour de 16 milliards de dollars aux réassureurs (hors Lloyd’s), selon une estimation communiquée lundi par l’Association des Professionnels de la Réassurance en France (APREF).

Exclusion du risque de pandémie

Le choc, résultant notamment des pertes d’exploitation subies par les entreprises avec les confinements et couvertes en partie par les assureurs, est largement derrière les réassureurs. Ils ont en effet revu leurs couvertures pour exclure le risque de pandémie, même s’ils peuvent rester exposés à la mortalité liée au Covid (via les garanties décès).

Signe que le secteur est moins sous pression que l’an dernier, l’agence de notation Moody’s a revu sa perspective de négative à stable. Ce diagnostic part notamment du principe que les réassureurs vont pouvoir faire passer des hausses de prix en matière de dommages dans un contexte de réévaluation de l’impact de certaines catastrophes à l’heure du réchauffement climatique.

Les réassureurs sont habitués à des évènements naturels très destructeurs comme les ouragans de 2017. Cependant, « depuis quelques années, on observe de plus en plus de sinistres qui sont secondaires, comme la sécheresse, les inondations, les orages, les incendies », a relevé lundi Bertrand Romagné, directeur exécutif Europe au sein de la division de réassurance d’AXA XL. Celui-ci mise lui aussi sur des hausses de tarifs.

Des catastrophes qui ont déjà coûté 40 milliards

L’année 2021 s’annonce d’ores et déjà très coûteuse pour l’industrie de la réassurance, après la tempête hivernale au Texas. En août déjà, Swiss Re soulignait que le montant des pertes assurées liées aux catastrophes naturelles était de 40 milliards de dollars à la fin du premier semestre. Un niveau jamais dépassé à ce stade de l’année, sauf en 2011.

Depuis, l’Europe et les Etats-Unis ont été confrontés à des feux, des inondations très sévères ont touché l’Allemagne et la saison des ouragans a commencé, comme l’attestent les ravages provoqués par Ida aux Etats-Unis.



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