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Finance

Panique boursière en Chine : « Une piqûre de rappel pour les investisseurs étrangers »


Publié le 28 juil. 2021 à 7:20

Les interventions répétées des autorités ne risquent-elles pas de peser sur l’attractivité du marché chinois à l’international ?

C’est une piqûre de rappel pour les investisseurs étrangers. Le cadre réglementaire peut changer d’un jour à l’autre : c’est l’économie de marché avec des caractéristiques chinoises. Ce n’est pas pour rien que les sociétés chinoises s’échangent historiquement avec une décote par rapport aux autres marchés.

Mais les récentes mesures prises par Pékin ont causé un mouvement de panique. Les investissements réalisés par des étrangers dans des actions chinoises au cours des douze derniers mois ont de bonnes chances de se retourner, ce qui pourrait aggraver la correction dans les jours qui viennent.

La Chine a-t-elle toujours sa place dans les grands indices boursiers mondiaux ?

Les fournisseurs d’indices boursiers vont certainement s’interroger sur la poursuite de l’inclusion des actions chinoises dans les grands indices mondiaux. L’offensive contre les structures dites VIE , [variable interest entities, NDLR] privilégiées par les entreprises chinoises cotées à l’étranger, inquiète de plus en plus d’investisseurs. Elles n’ont jamais été avalisées par Pékin, ce qui fait courir un risque important aux actionnaires de ces groupes. Or, ils représentent plus de 60 % de l’indice MSCI China.

Pour autant, Pékin promeut depuis très longtemps l’ouverture de ses marchés financiers . Beaucoup de fonds mutuels chinois sont très investis dans les Bourses de Chine continentale. Les autorités peuvent laisser plonger les valeurs chinoises cotées à Hong Kong et à Wall Street car elles sont principalement détenues par des investisseurs étrangers, mais elles ont tout intérêt à protéger le marché boursier local.

Comment expliquez-vous les récentes mesures prises par Pékin, dans des secteurs aussi divers que l’éducation et les plateformes Internet comme Didi et Tencent ?

Il y a un objectif central poursuivi par le parti communiste chinois, à savoir la « prospérité commune », quitte à négliger les intérêts des actionnaires sur le court terme. Sa priorité est d’améliorer sur le long terme le pouvoir d’achat des classes moyennes. L’encadrement plus strict des plateformes Internet est lié à cet objectif : protéger la concurrence dans le cas d’Alibaba, Tencent ou de Didi, et améliorer les conditions de travail des livreurs dans le cas de Meituan.

Dans ce contexte, quatre secteurs sont très sensibles pour Pékin : l’immobilier, la santé, l’éducation et les retraites. Les mesures annoncées par les autorités concernant le secteur de l’éducation privée ont surpris par leur ampleur, mais elles n’étaient pas complètement inattendues. Le coût de l’éducation des enfants s’était envolé ces dernières années, au point de peser sur le taux de natalité, un risque pris très au sérieux par les autorités.



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