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Finance

Pékin accentue son emprise sur le géant de la finance Ant Group



Publié le 13 sept. 2021 à 13:17Mis à jour le 13 sept. 2021 à 13:18

Aucun répit pour Jack Ma, le mythique fondateur d’Alibaba. Dans le collimateur de Pékin depuis plusieurs mois, le milliardaire chinois doit se plier à une très large transformation de Ant Group, le bras financier du géant du e-commerce, afin de se conformer aux exigences des autorités.

En novembre dernier, Pékin avait mis un coup d’arrêt à une gigantesque introduction en Bourse de la première fintech au monde. Et annoncé de nouvelles réglementations sur les sociétés de microcrédits en lignes, particulièrement pénalisantes pour les activités de Ant.

Sommé de se restructurer pour survivre, le groupe Ant de demain sera bien différent de celui qui devait entrer en fanfare simultanément à la Bourse de Hong Kong et de Shanghai. Dans la droite ligne du plan de restructuration dévoilé en avril dernier, l’application mobile Alipay, véritable couteau suisse incontournable en Chine où le cash a quasiment disparu, va être scindée en deux entités distinctes, a confirmé lundi le « Financial Times ».

Les services de crédit à la consommation Huabei et Jiebei, déjà placés juridiquement dans une entité à part, vont être retirés de la plateforme Alipay, afin que celle-ci se concentre sur ses activités premières de paiements en ligne. Les services financiers devront avoir leur propre application mobile.

Surveillance numérique

Surtout, le plan de restructuration passe par le partage avec les autorités des précieuses données de crédit. Jack Ma et les dirigeants de Ant Group étaient en discussion à ce sujet depuis plusieurs semaines.

Un compromis aurait été trouvé, selon le « Financial Times », en vertu duquel des entreprises publiques de la province du Zhejiang (où se situe le siège d’Alibaba) détiendraient une participation majoritaire de la future coentreprise. Celle-ci prendra la forme d’une agence de notation de crédit, au sein de laquelle Ant Group placera sa propre activité (Zhima Credit, anciennement Sésame), permettant à l’Etat d’avoir accès aux données des consommateurs.

Cette opération s’inscrit dans la droite ligne de la volonté de l’Etat-Parti de mettre fin aux monopoles des entreprises privées sur les données et d’accroître sa surveillance numérique des citoyens. Alors que près d’un milliard d’utilisateurs utilisent Alipay pour dépenser leur argent, pour emprunter, pour investir, Ant Group a accumulé une masse de données colossales sur les comportements des consommateurs chinois. A l’inverse, Pékin, via sa banque centrale et ses banques d’Etat, dispose de très peu de données et a longtemps cherché à combler son retard d’informations.

La data, facteur de production

Contrairement aux souhaits de Pékin, Ant Group a longtemps rechigné à communiquer ses données de crédits à Baihang Credit Scoring, une agence de notation publique mise en place par les autorités en 2018. Pékin souhaitait initialement que les fintech, dont Ant Group, y placent une partie de leurs données. 

Selon le « Financial Times », l’équipe de Jack Ma pilotera la nouvelle agence de notation de crédit. Mais le régulateur souhaite que les futurs actionnaires publics aient un rôle important au sein de celle-ci, permettant au Parti communiste d’avoir son mot à dire sur les décisions.

Preuve de leur importance aux yeux du gouvernement chinois, les données ont été classées officiellement l’an dernier comme un facteur de production au même titre que le travail, le capital, le foncier et la technologie. Pékin a pris plusieurs mesures ces dernières semaines pour renforcer la sécurité des données en Chine et leur contrôle.

Ant Group, filiale d’Alibaba qui détient Alipay, avait été le premier à se retrouver dans le collimateur des régulateurs, qui ont depuis étendu leur reprise en main à d’autres secteurs (éducation, divertissement, jeux vidéo, immobilier…). Et sa maison mère Alibaba, fondée par le fantasque milliardaire Jack Ma, avait par la suite écopé d’une amende de 2,3 milliards d’euros pour abus de position dominante.

Alibaba et Tencent sommés de ne plus se bloquer mutuellement 

Depuis plusieurs mois, les géants de l’Internet chinois font face à une forte pression réglementaire concernant les pratiques anticoncurrentielles, les données personnelles et les cryptomonnaies. Dernière mesure en date, le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information (MIIT) a demandé aux géants du numérique, dont Alibaba, Tencent et Bytedance, de mettre fin au blocage de liens entre services concurrents, une pratique courante en Chine. L’Internet chinois est dominé par une poignée de géants qui ont historiquement bloqué les liens et les services de leurs rivaux sur leurs plate-formes, créant ce que les analystes ont décrit comme des « jardins clos ».



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