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Finance

Pékin et Moscou vont discuter du rapprochement de leur système de paiement



La Chine et la Russie vont-elles rapprocher leur système de paiement respectif ? Le sujet sera en tout cas discuté prochainement par les banques centrales des deux pays.

« En ce qui concerne la promotion et l’utilisation des systèmes de paiement nationaux MIR et China UnionPay dans les deux pays, cette question sera tranchée par les banques centrales des deux parties à l’occasion de consultations », a indiqué Zhang Hanhui, le diplomate chinois envoyé à Moscou, dans une interview réalisée par TASS et repérée par Reuters.

Ce rapprochement pourrait permettre à la Russie de contourner en partie les sanctions infligées par les puissances occidentales dans le cadre du conflit en Ukraine. L’Occident a notamment exclu plusieurs banques russes du système de paiement international Swift, ce qui rend leurs transactions transfrontalières particulièrement compliquées.

Un système russe construit à partir de 2014

MIR et Union Pay sont les systèmes de paiement nationaux de la Russie et de la Chine, l’équivalent du GIE Carte Bancaire en France. MIR a été construit à partir de 2014, dans la foulée de la guerre de Crimée, après que Washington a obligé Visa et MasterCard à bloquer certaines transactions durant le conflit. Avant cela, la Russie ne disposait pas de système national et les deux géants américains géraient la majorité des transactions intérieures du pays.

Bien que MIR et UnionPay soient des systèmes nationaux, un rapprochement simplifierait grandement les transactions entre la Chine et la Russie. Une tendance déjà à l’oeuvre. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Chine fait partie des rares pays à n’avoir pas dénoncé officiellement l’invasion russe et à s’être élevé contre les mesures de sanctions occidentales visant à exclure la Russie du système financier international.

Risque de sanctions secondaires

Pour autant, la Chine n’a jusqu’à présent pas non plus apporté un soutien sans faille à la Russie. Et pour cause : elle s’exposerait alors aux sanctions secondaires des Etats-Unis, ce qui aurait pour conséquence de couper la Chine de l’accès au dollar notamment. « Près de 80 % des transactions mondiales sont faites en dollars, rappelle un spécialiste du risque financier. Pas sûr que la Russie soit un partenaire économique suffisamment important pour que la Chine accepte de se couper du commerce international. »

Par comparaison, la part du yuan dans les transactions internationales n’est que d’environ 3 %, selon les derniers chiffres de Swift. Plusieurs institutions financières chinoises, comme la Banque industrielle et commerciale de Chine et Bank of China, auraient d’ailleurs réduit leurs échanges avec la Russie par peur des représailles américaines.

Renforcer les échanges

Pour sa part, la Russie veut clairement faire de la Chine son nouveau partenaire privilégié alors que de nombreuses entreprises occidentales se détournent de Moscou et que les pays de l’Union européenne pourraient s’accorder pour se passer du pétrole et du gaz russe. Le Kremlin veut nettement renforcer les échanges commerciaux entre la Russie et la Chine, de 100 à 200 milliards de dollars entre 2020 et 2024. Moscou compte également sur un rapprochement avec l’Inde.

Reste que si les banques centrales se décident en faveur d’un rapprochement de MIR et UnionPay, la chose ne se fera pas du jour au lendemain. « Il faut raccorder les tuyaux, définir un protocole, s’accorder sur un langage commun compréhensible par toutes les institutions financières…, énumère un spécialiste du secteur. Cela ne se fait pas en quelques jours. » Le système MIR a ainsi mis plusieurs années pour remplacer pleinement Visa et Mastercard en Russie.



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