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Finance

Pertes d’exploitation : MMA met en place une « indemnité sanitaire »

Publié le 27 avr. 2020 à 19h48Mis à jour le 27 avr. 2020 à 20h00

L’assureur MMA (groupe Covéa) a annoncé lundi soir la mise en place pour ses clients professionnels et TPE d’une « indemnité de crise sanitaire ». Ce nouveau dispositif concerne les clients ayant souscrit une assurance multirisque professionnelle, incluant une garantie pour perte d’exploitation après incendie, dans les secteurs d’activité les plus touchés par le confinement.

Cette indemnité sera d’un montant compris entre 1.500 et 10.000 euros par client, en fonction du niveau du chiffre d’affaires et elle sera accordée via les agents généraux MMA. Au total, elle devrait concerner 60.000 clients pour un montant estimé à 250 millions d’euros.

Tensions sur la perte d’exploitation

Cette annonce s’inscrit dans la tentative du secteur de l’assurance de répondre à la délicate question de la couverture des pertes des entreprises liées au confinement du fait de la pandémie, un risque non prévu dans l’immense majorité des contrats multirisques. Ce qui suscite incompréhensions et tensions entre assurés et assureurs mais également entre les assureurs eux-mêmes, qui peinent à s’accorder sur une position commune.

Au sein du groupe Covéa, certains contrats de la MAAF avaient ainsi prévu le risque de pandémie (environ 6.000 contrats pour un coût de près de 190 millions d’euros). Mais ce sont les bancassureurs qui sont sortis du bois, bousculant la communication des assureurs privés et mutualistes.

La semaine dernière, le Crédit Mutuel (et sa filiale CIC) a annoncé avec fracas le versement d’une prime exceptionnelle à ses assurés professionnels pour compenser une partie de leurs pertes d’exploitation, pour un montant global de 200 millions d’euros. L’initiative a été suivie par d’autres groupes bancaires, comme Crédit Agricole (200 millions), Société Générale (11 millions) et le groupe BPCE (50 millions).

Commission de déontologie

Ces annonces ont provoqué la colère de grands groupes d’assurances , certains accusant le Crédit Mutuel de « pratiques agressives et déloyales ». Deux vice-présidents de la Fédération française de l’assurance (FFA), Jean-Laurent Granier (Generali France) et Thierry Martel (Groupama), ont même demandé à la présidente de la FFA de saisir la commission de déontologie.

Les deux dirigeants pointent une possible « entorse extrêmement grave à la déontologie de la profession » et « un préjudice majeur pour tous ses acteurs ». En revanche, le troisième vice-président de la FFA, Jean-François Lequoy (BPCE) ne s’est pas associé à la démarche, preuve des profondes divisions que traverse la profession.

Engrenages

Sur la question de la couverture des pertes d’exploitation « sans dommages », les assureurs redoutent de mettre le pied dans un engrenage d’indemnisation qu’ils ne pourront pas maîtriser compte tenu de l’ampleur de la crise. La FFA avait déjà évalué les pertes d’exploitation des entreprises à plus de 60 milliards d’euros, un montant bien supérieur à ce que pourraient supporter les assureurs.

En attendant, les associations professionnelles applaudissent ces indemnisations « non contractuelles ». L’association de consommateurs UFC-Que Choisir demande aux assureurs de rétrocéder à leurs assurés auto les économies générées par la chute des sinistres.



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