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Finance

Pétrole : le prix du baril grimpe encore après une décision de l’Opep +



Publié le 4 oct. 2021 à 17:32Mis à jour le 4 oct. 2021 à 17:33

Les cours du pétrole poursuivent leur ascension, avec la bénédiction de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (Opep +). Les vingt-trois producteurs de l’alliance Opep +, emmenée par l’Arabie saoudite et la Russie, ont annoncé ce lundi qu’ils laisseraient inchangée leur politique de production. Une décision qui a fait grimper le prix du baril de WTI à 77,22 dollars à New York, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le 21 novembre 2014. Le baril de Brent, qui avait franchi le seuil des 80 dollars la semaine dernière , grimpait également à 80,81 dollars. Une première depuis trois ans.

Evoquant dans leur communiqué les « fondamentaux actuels du marché pétrolier » et un « consensus sur ses perspectives », les principaux pays producteurs de pétrole ont donc choisi de reconduire leur stratégie d’augmentation modeste de la production mensuelle en ne réinjectant que 400.000 barils par jour pour le mois de novembre. L’Opep + laisse encore quotidiennement près de 5 millions de barils de brut sous terre.

Zone de « destruction de la demande »

Avant même que la décision officielle ne tombe, des spéculations annonçant cette décision ont agité les marchés qui pariaient sur une plus grande ouverture des vannes. Et pour cause. La décision de maintenir une offre restreinte de brut intervient dans un contexte de flambée des prix de l’énergie , sur fond de reprise économique mondiale forte. Le pétrole, dont les cours affichent une hausse de plus de 50 % pour le WTI et le Brent depuis le début de l’année, alimente le phénomène et donc l’inflation constatée dans de nombreux pays .

Sur les marchés, les investisseurs s’inquiètent de voir cette inflation compromettre la reprise économique et donc la demande, dans des pays encore fragilisés par la crise du Covid-19. Selon Morgan Stanley, le seuil de 80 dollars le baril marque justement l’entrée dans une zone de « destruction de la demande ».

L’Opep + a pour l’instant fait le choix d’ignorer cette problématique mais aussi les nombreux appels du pied lancés par certains pays. En août dernier, les Etats-Unis, par la voix du conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan, avaient notamment expliqué que l’alliance des pays producteurs de pétrole n’en faisait « pas assez ».

Une inflation qui peut relancer les producteurs de schiste

Le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, avait pourtant déjà laissé entendre, peu avant le sommet de ce lundi, que la stratégie actuelle du cartel et de ses alliés était pertinente puisqu’elle contribuait à « répondre à l’augmentation progressive de la demande » sans verser dans une « surcharge de l’offre ».

Le choix de l’Opep + n’est pourtant pas sans risque pour elle. En plus de freiner la demande, la hausse des prix du baril pourrait relancer sur le marché des nouveaux concurrents, dont les producteurs de schiste , dont les gisements redeviennent rentables. Elle encourage aussi les acheteurs à se tourner vers d’autres sources d’énergie, moins chères ou plus propres. Néanmoins, un baril à 80 dollars est le bienvenu pour les finances des pays producteurs d’or noir, qui avaient souffert au plus fort de la crise du Covid-19, au printemps 2020. A cette époque, les cours du pétrole avaient chuté aux alentours de 20 dollars le baril.

Dans cette logique, Goldman Sachs estime que le cours du baril de Brent pourrait s’envoler vers les 90 dollars d’ici la fin de l’année. L’Opep, pour sa part, renvoie les marchés à sa prochaine réunion, qui aura lieu le 4 novembre.



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