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Economie

«Pôle emploi, premier business angel de France», ces entrepreneurs qui se lancent grâce au chômage


En 2019, plus 815.000 entreprises ont été créées dont 194.000 par des demandeurs d’emploi soit près d’1 entreprise sur 4.

Fonds d’investissement, business angels, banques… Les moyens de se financer pour les jeunes pousses sont multiples. Mais un des principaux financeurs se trouve du côté de Pôle Emploi avec les allocations-chômage. « Pôle Emploi est le premier business angel de France », assure Karine Meininger, directrice des services de demandeurs d’emploi au sein de l’organisme.

En 2019, plus de 815.000 entreprises ont été créées dont 194.000 par des demandeurs d’emploi soit près d’une entreprise sur 4. Les demandeurs d’emploi qui créent leur entreprise bénéficient en effet du maintien de leurs allocations. Un filet de sécurité financier indispensable pour certains entrepreneurs pour simplement vivre ou en investir une partie dans sa nouvelle entreprise. « Cette aide a été cruciale. J’avais déjà un prêt à rembourser pour mes études. Sans l’allocation-chômage, je n’aurais pas pu me lancer dans l’entrepreneuriat », raconte Antoine, fondateur Chiro, spécialisé dans le secteur de la publicité. Ce jeune chef d’entreprise de 26 ans vient tout juste de terminer ses études qu’il a réalisées en apprentissage, ce qui lui ouvre des droits au chômage.

Mais en cas de contrat long tel qu’un CDI, il est alors indispensable de négocier une rupture conventionnelle avec son entreprise pour avoir le droit aux allocations-chômage. Une rupture à l’amiable qui n’est pas toujours facile à obtenir. « J’ai dû négocier pour partir avec une rupture conventionnelle. Le fait que mon départ soit lié à une création d’entreprise m’a aidé dans la négociation, ils ont trouvé cela valorisant », met en avant Matthieu, fondateur d’Orphéau qui conçoit et commercialise des Jukebox modernes.

Plus de la moitié des entreprises fondées sont des micro-entreprises

Les entrepreneurs doivent notifier à leur conseiller Pôle Emploi leur projet de création d’entreprise. Chaque mois, le chef d’entreprise doit déclarer les revenus issus de sa nouvelle activité, auprès de l’organisme. « J’ai rapidement créé les statuts de mon entreprise justement pour les envoyer à Pôle Emploi. Je suis en contact une fois par trimestre avec ma conseillère pour la tenir au courant de l’évolution de l’entreprise. Ils nous font confiance », explique Mathhieu, entrepreneur de 33 ans. Les créateurs de sociétés continuent à toucher une partie de leur allocation-chômage tant que le salaire engendré par leur nouvelle entreprise ne dépasse pas le montant qu’ils touchaient lors de leur précédent poste. Au bout de deux ans, s’ils avaient ouvert des droits au chômage d’une telle durée, cette aide s’arrêtera comme pour tous les demandeurs d’emploi.

Mais lorsque les statuts de l’entreprise ne sont pas encore déposés, bon nombre de créateurs d’entreprise ne précisent pas leur création d’activité et cochent simplement la case de chercheur d’emploi. « Ma conseillère m’a proposé de faire ainsi pour ne pas avoir à transmettre trop de documents liés à l’entreprise. C’était trop contraignant », confie Antoine, entrepreneur.

Les demandeurs d’emploi indemnisés peuvent également bénéficier de l’Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise (ARCE) et recevoir 45 % du montant de leurs allocations-chômage sous forme de capital versé en deux fois. Une option qui peut s’avérer utile pour le lancement de son entreprise. D’après les données communiquées par l’opérateur public pour l’année 2019, plus de la moitié des entreprises fondées par des demandeurs d’emploi sont des microentreprises et les secteurs privilégiés sont le commerce, la construction et l’hôtellerie-restauration.

Au-delà de l’accompagnement financier, Pôle Emploi propose également des formations et des ateliers d’aide à la création d’entreprise pouvant aller d’une journée à trois mois. L’organisme se targue notamment d’avoir un taux de satisfaction de 89% pour la formation Activ’Créa qui invite à réfléchir à la création d’entreprise comme une opportunité de reprise d’activité. Une satisfaction qui n’est cependant pas partagée par tous. « Les formations ou les conseillers prodiguent des conseils trop évidents », regrette Caroline, fondatrice de l’entreprise Reachmaker qui propose un outil pour aider les marques à réaliser des partenariats.

Lla question du retour sur investissement de cet accompagnement financier et pédagogique se pose. Selon Pôle Emploi, deux entreprises sur trois créées par des demandeurs d’emploi sont toujours en fonctionnent au bout de trois ans.

De nouveaux emplois peuvent également être engendrés par ces créations d’entreprises. « Aujourd’hui, j’embauche cinq salariés en temps partiel et en temps complet. Je commencerai à me payer moi-même à partir de septembre. J’ai privilégié le recrutement au versement de mon propre salaire », raconte Matthieu, fondateur d’Orphéau. Ce chef d’entreprise a atteint la limite de ses droits au chômage depuis un an et vit grâce au RSA depuis. Une aide 565 euros par mois qui est également utilisée par de nombreux entrepreneurs qui ne sont pas éligibles aux allocations-chômage…



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