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Economie

Pour les Français, le logement ultime, c’est celui de leur enfance


Pour mieux cerner le parcours de logement des Français, Procivis (réseau national présent sur toute la chaîne du logement: maison individuelle, promotion, logement social…) a lancé l’an dernier une vaste enquête avec l’institut Harris Interactive. Après avoir épluché 10.000 questionnaires, l’étude, réalisée cette année en partenariat avec la fondation Jean-Jaurès confirme certaines tendances identifiées depuis la crise sanitaire et ouvre de nouvelles perspectives. Voici 5 enseignements à en tirer.

1) 4 logements pour une vie

En moyenne, les Français déclarent avoir vécu dans 4 logements différents depuis leurs 18 ans. Ce chiffre atteint 8 logements pour 10% des sondés et s’affiche à 5,1 pour les 50 ans et plus. Il est plus faible (3,4 logements) dans les catégories socioprofessionnelles inférieures. Dans leur analyse du sondage Yannick Borde et Guillaume Macher, respectivement président et directeur général de Procivis, notent: «Que l’on appréhende le sujet par le type de logement (maison ou appartement), le lieu d’habitation (petite ville ou grande ville), la surface du logement ou encore le statut d’occupation (propriétaire ou locataire), tous les résultats convergent pour indiquer que derrière ce nombre moyen se dessine un schéma: le parcours s’arrête quand la personne a trouvé le logement qui lui convient».

2) Le retour vers le logement de son enfance

Et ce logement ultime, celui qui convient, il ne répond pas forcément à la logique du toujours plus ou du toujours mieux mais il a plutôt le goût de l’enfance. Les personnes qui ont grandi dans une maison aspirent ainsi davantage que les autres à vivre dans une maison tout comme les enfants de propriétaires aspirent davantage que les autres à le devenir à leur tour. Quant aux personnes qui ont vécu leur enfance à la campagne, elles souhaitent plus que les autres vivre au vert.

L’étude montre par ailleurs que les premiers logements sont assez loin de la cible idéale. Ainsi, si 63% des sondés ont passé leur enfance principalement dans une maison, ils ne sont plus qu’environ 30% à vivre en maison dans leurs premiers logements d’adulte. Mais ils sont à nouveau 58% dont le logement actuel est une maison. De la même manière, si 43% des personnes interrogées déclarent avoir des parents propriétaires, elles ne sont elles-mêmes que 8% à l’être au début de leur parcours. Puis ce score monte à 26% sur l’avant-dernier logement et finalement à 55% sur le logement actuel.

3) Le rêve de la maison avec jardin

La polémique avait été particulièrement vive lorsque la ministre du Logement Emmanuelle Wargon avait qualifié en octobre dernier la maison individuelle de «non-sens écologique, économique et social». Et pour cause, cette maison individuelle avec son jardin est encore et toujours le rêve d’habitat de nos compatriotes. «Ce goût pour la maison individuelle n’est pas un scoop, admet Yannick Borde, mais il s’est encore renforcé. Elle est plébiscitée par 79% des sondés contre 76% l’an passé. Sans doute que la nécessité de disposer d’un cocon, d’un espace de respiration est à l’origine de cette envie.» Tout en reconnaissant une approche paradoxale puisque les Français sont aussi nombreux à rêver d’une maison qu’à reconnaître qu’il n’y a pas assez d’espaces naturels préservés, Yannick Borde estime que le sujet de la maison individuelle doit être mis sur la table par les politiques. «Si derrière la notion de densification, il n’y a que des immeubles et de la grande hauteur, il va y avoir des crispations et des réticences. Cette solution est adaptée aux plus grandes métropoles mais il y a aussi moyen de créer dans des secteurs moins tendus 30 à 50 maisons accolées avec de petites parcelles de jardin sur 1 hectare de terrain.»

4) Paris fait fuir

Un Francilien sur deux indique dans cette étude vouloir quitter l’Île-de-France s’il devait déménager, soit le score le plus élevé des régions françaises. Il s’agit du double des scores observés en Normandie, en Bretagne, en Occitanie, PACA etc. «La volonté est forte et tous les marchés immobiliers secondaires y compris dans des villes jugées assez peu dynamiques ont été particulièrement actifs, estime Yannick Borde. Mais il faut malgré tout rester prudent pour voir si ces aspirations sont durables.»

5) L’enfer, c’est les autres

Autre tendance née ou exacerbée durant le confinement et confirmée par cette étude: les Français attendent de leur logement qu’il leur permette de s’isoler dans tous les sens du mot. L’isolation, thermique et phonique, est ainsi la première qualité attendue d’un nouveau logement par 95% des répondants. Il faut aussi pouvoir se couper de son propre entourage puisque 91% des personnes interrogées réclament de disposer de suffisamment de pièces pour que chacun puisse avoir son intimité. Toujours dans cette même logique, le principal objet d’inquiétude pour les Français qui déménagent est de se retrouver avec des voisins indélicats (26%). La crise sanitaire nous a-t-elle tous rendus misanthropes? «Si on veut voir ce résultat de manière plus positive, c’est aussi que le logement est devenu un endroit où l’on passe plus de temps, où il se passe plus de choses aussi bien en famille que pour le travail, souligne Yannick Borde. Alors forcément, il faut disposer de lieux de partage mais aussi de lieux pour s’isoler.»



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