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Economie

Pourquoi le Covid-19 n’a pas réussi à terrasser les ventes immobilières


Nous sommes en juillet 2020. L’euphorie immobilière début 2020 a laissé place à un marché à l’arrêt. La faute à un virus qui a bloqué l’activité du pays pendant plus de deux mois. Les agences immobilières et les offices notariaux ont dû fermer, les visites ont été interdites. Confinés chez eux, les Français ont mis de côté leur projet immobilier. Et les ventes ont dégringolé sans surprise: -9% par rapport au pic historique de janvier 2020 (1,075 million) selon la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Malgré cette chute, les volumes avoisinaient encore le million, à 981.000 exactement. C’est quasiment deux fois plus qu’en 2009, après la crise financière.

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À ce moment-là, rares sont ceux qui avaient imaginé que le million serait à nouveau atteint et même dépassé. Car, à moins d’une nouvelle catastrophe, un record historique sera atteint d’ici la fin de l’année. Plus de 1,1 million de ventes sont attendues pour 2021. Du jamais vu! Certains experts immobiliers ne semblent même pas surpris. «On a oublié une chose essentielle: un projet immobilier ne se jette pas à la poubelle mais se reporte», souligne Laurent Vimont, président de Century 21. Les achats qui n’ont pas pu se réaliser au printemps 2020 à cause du confinement, ont été actés six mois plus tard, à une période où le marché est d’ordinaire inactif.

Encore faut-il avoir les moyens de réaliser ce projet. Car la crise sanitaire a tout de même frappé de plein fouet beaucoup de ménages. Mais, comme ils ont été longtemps confinés, les Français ont pu réduire leurs dépenses et se constituer ce qu’on a appelé une épargne «Covid». Un surplus qui s’élève à 157 milliards d’euros. Et que les ménages ont pu déverser largement sur le marché de l’immobilier. Du coup, malgré les nouvelles contraintes des autorités financières en matière d’endettement, les Français ont pu répondre aux exigences des banques. Sans compter le moteur des taux de crédit qui marche à plein régime. «Le marché immobilier de 2021 a ceci de particulier que tous les segments fonctionnent: les primo-accédants, les secundo accédants, les résidences secondaires et, dans une moindre proportion, les investisseurs locatifs», analyse Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.

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Si les ventes immobilières ont explosé les compteurs, c’est aussi et surtout parce que beaucoup de Français ont pu améliorer leurs conditions de logement. En achetant plus grand mais hors des grandes villes. Histoire de tourner le dos à ces confinements passés à tourner en rond dans leur logement étriqué, sans espace extérieur. Selon la Fédération nationale de l’immobilier, plus d’un acquéreur sur 5 (22% exactement) a acheté un logement dans une ville plus petite dont 13% dans une commune rurale. «Le pouvoir d’achat des ménages en situation d’acheter n’a jamais été aussi fort sur les villes moyennes», affirme Jean-Marc Torrollion.

Inégalités et effets d’éviction

Une situation qui a profité aux secundo accédants et aux habitants des métropoles. Ces ménages parisiens comme provinciaux ont pu, avec le produit élevé de la vente de leur logement, acquérir un bien plus abordable et plus grand. De quoi faire enrager les locaux. «Ce marché très dynamique génère des inégalités en matière de patrimoine et des effets d’éviction notamment sur les marchés littoraux, constate Robin Rivaton, économiste, auteur de «L’immobilier de demain» (éditions Dunod). Il n’est pas impossible qu’il ait des conséquences politiques après l’élection présidentielle», comme la création d’une taxe sur les grandes fortunes immobilières.

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En attendant, les taux de crédit restent très attractifs et permettent aux Français de s’endetter à bon compte et à la demande de s’envoler notamment pour les maisons. Et ceci grâce au Covid-19. L’immobilier marche vraiment sur la tête. À moins que ce ne soit tout simplement les atouts en période de crise de la pierre, véritable coffre-fort sur le long terme. «Ce marché est tout de même paradoxal, fait remarquer Jean-Marc Torrollion. Les Français sont persuadés que c’est le moment d’acheter parce qu’ils vont faire une bonne affaire, alors que les prix grimpent. Ils se disent que c’est plus rassurant d’acheter quand ils augmentent et pas quand ils baissent



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