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Economie

pourquoi le prix de certains produits augmente


Si la tendance globale dans la grande distribution est toujours à la déflation, les marques de distributeurs et discount commencent à augmenter certains prix. Une tendance qui devrait continuer de s’affirmer.

Vendu 72 centimes jusqu’en septembre, le paquet de pâtes d’un kilo de la marque de distributeur Turini (enseigne d’Intermarché) vient de passer à 98 centimes, moins d’un mois après. Une augmentation de 36% en quatre semaines qui laisse coi Olivier Dauvers, consultant spécialiste de la grande distribution. «Plus de 30% en un mois, je n’ai jamais vu ça !» Selon les chiffres compilés par l’IRI, un institut d’études sur la grande consommation, les baisses de prix observées depuis avril 2020 dans les supermarchés commencent en effet à se tarir. Pire, sur certains produits à petits prix et de marques de distributeurs (MDD), les prix augmentent et cette tendance devrait s’accentuer dans les prochains mois.

Certes pour l’instant, la tendance globale est donc toujours à la déflation dans les rayons (-0,57% par rapport à septembre 2020). Mais avec l’inflation sur les matières premières, l’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité et les prix multipliés jusqu’à dix fois pour le transport de marchandises, tout concorde pour que les tarifs finissent par s’envoler. Comme pour l’exemple des pâtes Turini, certains prix commencent en effet déjà à frétiller, notamment sur les marques «petits prix», qui ont augmenté de 0,49% en moyenne entre septembre 2020 et septembre 2021. Dans cette catégorie discount, les produits d’entretien (+2,34%), l’épicerie salée (2,07%) ou encore la crémerie (+1,45%) ont particulièrement augmenté.

Les marques nationales résistent à l’inflation

Autre catégorie impactée par certaines hausses ponctuelles : les marques de distributeurs. Ainsi les surgelés (+0,34%), l’épicerie salée (+0,01%) ou les spiritueux et champagnes (+0,83%) commencent à subir l’inflation, même si la tendance générale est toujours baissière (-0,44% sur un an). Dans le détail, les huiles (+0,96%), les conserves de tomates (+3,88), les pâtes (1,85%) ou les compotes et confitures (1,77%) sont par exemple en hausse assez nette.

Les marques nationales, elles, ne connaissent pas encore de hausse des prix, dans aucune catégorie (-0,66% en moyenne sur un an). L’une des raisons à cela est conjoncturelle. Si les distributeurs peuvent ajuster agilement les tarifs de leurs MDD, le prix des produits de marques nationales est ardemment négocié d’automne à fin février entre distributeurs et industriels. Le gros des hausses de prix n’arrivera donc pas avant 2022. «Jusqu’à fin février, les distributeurs vont recevoir des demandes de hausse des prix de la part de grandes marques», analyse Olivier Dauvers. «Tous les industriels vont demander des hausses de prix, mais les négociations n’ont fait que démarrer : ces hausses n’arriveront qu’entre janvier et mars», ajoute Emily Mayer, experte chez IRI. Les réglementations en vigueur permettent certes, en cas d’explosion du coût d’une matière première par exemple, de renégocier en cours d’année, de gré à gré, le prix de certains produits. Mais pas sûr que cela induise des hausses de tarifs avant l’année prochaine, car «les distributeurs vont temporiser autant que possible», prédit Olivier Dauvers.

Autre raison à la hausse des tarifs sur les marques de distributeurs et produits discount : la part des matières premières et du transport y est particulièrement prégnante dans le prix. «Plus le produit contient une part importante de la valeur sur sa matière première, plus l’effet de la hausse des cours pèse», explique Olivier Dauvers. Les grandes marques, elles, «ont encore les moyens de faire le dos rond et de rogner certaines marges», poursuit Emily Mayer, ce qui permet de faire tampon par rapport au prix final. Toutefois, prévient-on chez un grand industriel, «les budgets de communication et de publicité sont déjà au point mort», et lesdites marges de manœuvre sont très réduites. Résultat, si elle est timidement entrée dans les supermarchés en ce mois de septembre, l’inflation devrait parcourir tous les rayons dans les mois à venir.



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