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Economie

Pourquoi les taxis motos se réjouissent de l’arrivée d’Uber Moto en Île-de-France


Aucun moyen de transport ne semble échapper à l’appétit d’Uber : service VTC, livraison de repas (UberEats), transport par hélicoptère (UberCopter), par bateau (Uberboats), vélos urbains connectés (Jump)… Et désormais, les motos avec chauffeur.

Depuis mercredi, UberMoto est en phase de test à Paris et quelques proches communes. Ce service est – dans un premier temps – réservé aux utilisateurs qui ont adhéré au programme de fidélité Uber Rewards. Pour le moment seuls les trajets entre Paris, La Défense, Neuilly, Boulogne et les aéroports sont couverts par cette nouvelle fonctionnalité.

Les opérateurs historiques de taxis-motos, à l’inverse des taxis traditionnels, voient ce nouvel arrivant d’un bon œil. Une bienveillance qui peut surprendre, si l’on repense au tollé provoqué en 2014 par le service UberPOP, abandonné depuis, ou même aux relations toujours tendues entre eux et les chauffeurs VTC. Il y a seulement quelques jours, plusieurs centaines de taxis annonçaient leur intention de porter plainte contre Uber pour «concurrence déloyale»…

Pourquoi n’en va-t-il pas de même pour les motos avec chauffeur ? Parce qu’il n’est pas si facile de devenir chauffeur à moto, et qu’Uber est perçu comme un levier pouvant bénéficier à tous les acteurs. «Uber va faire connaître ce type de service et convertir des clients à la moto», veut croire Xavier Fonte, le PDG de Motocab, leader du secteur et présent sur le marché depuis 17 ans. «Au bout d’un certain temps, des utilisateurs d’Uber qui apprécieront le concept se tourneront aussi vers d’autres opérateurs car actuellement il n’y a pas beaucoup de chauffeurs, et déjà une forte demande à certaines heures, notamment en fin d’après-midi», anticipe-t-il.

Felix-Citybird, le seul opérateur du secteur avec lequel Uber a signé un partenariat, est de cet avis. «Uber va attirer de nouveaux chauffeurs qui peuvent – selon leurs statuts – travailler avec plusieurs opérateurs mais aussi de nouveaux clients, cela va être profitable pour tout le monde» affirme le responsable des opérations de l’entreprise.

Uber en terrain connu

Uber n’arrive pas en terrain totalement inconnu. En réalité c’est la deuxième fois que l’entreprise teste ce service en France. En 2012, un an après le lancement de l’application dans le pays, la plateforme avait lancé en parallèle de son activité VTC un service de motos-taxi qui avait été abandonné après seulement quelques mois d’exploitation. Selon la société américaine, la raison de cet échec est due à l’immaturité du marché français. « En 2012 cela faisait un an qu’Uber était installé en France, nous n’avions pas une base client aussi importante, contrairement à aujourd’hui où l’application est utilisée par 3 millions de personnes», explique Uber France.

Le plus faible équipement des clients et des chauffeurs en smartphones avait aussi restreint le développement du service à l’époque. De plus, les taxis moto n’étaient alors pas habitués à réaliser des courses instantanées, la norme étant plutôt aux courses via un service de réservation.

Pour les acteurs historiques du marché, l’échec de l’implantation d’Uber Moto en 2012 est aussi lié à un manque de concertation avec des professionnels déjà installés. Une erreur que l’entreprise américaine n’a pas reproduite. «Uber a pris le temps de consulter les opérateurs déjà installés et à même noué des partenariats», salue le PDG de Motocab.

Il semblerait donc que cette fois-ci tous les voyants soient au vert pour que le géant américain réussisse enfin à s’implanter durablement dans ce secteur dont la clientèle est réputée stable et fidèle. «Cette fois-ci, Uber s’y est très bien pris», confie Xavier Fonte.

À voir aussi – Marlène Schiappa sur Uber: «Le pacte de confiance est rompu» (12/12/2019)



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