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Finance

Pourquoi Total a recours au crowdfunding



Publié le 21 oct. 2020 à 8:16

A l’évocation du crowdfunding, on pense plus à la start-up ou à la PME qu’au géant Total. Et pourtant, sur le site de la plateforme de financement participatif Lendopolis, filiale de La Banque Postale via KissKissBankBank, un grand nombre de projets sont portés par le pétrolier français. Leur particularité : il s’agit uniquement de projets tournés vers les énergies renouvelables.

Les raisons pour lesquelles Total – qui n’a aucun problème pour se financer auprès des banques et des marchés – passe par le crowdfunding pour ses projets verts sont simples : non seulement il a plus de chance d’être lauréat des appels d’offres du gouvernement, mais le prix de revente de l’électricité produite sera également plus élevé que s’il se finançait de manière plus classique.

« S’il a coché la case financement participatif, un porteur de projet pourra vendre son électricité jusqu’à 3 euros plus cher par mégawatt », affirme Aurélien Gouraud, directeur des opérations et du développement de Lendopolis. Et cela n’a rien de négligeable étant donné que les appels d’offres du gouvernement garantissent le prix de revente de l’électricité sur une vingtaine d’années. En réalité, il existe deux bonus distincts : l’un d’un euro pour les projets où les particuliers sont de simples prêteurs, l’autre de 3 euros lorsque les particuliers investissent en action et deviennent copropriétaire du projet. « Mais la majorité des porteurs de projets optent pour la première option », affirme Aurélien Gouraud.

Les EnR piliers du crowdfunding

L’affaire est aussi bénéfique pour Total que pour les plateformes elles-mêmes. La réglementation qui encourage le financement participatif dans le cadre de la transition écologique a même permis aux énergies renouvelables de devenir l’un des deux piliers du crowdfunding avec l’immobilier.

A tel point que Lendopolis a décidé, depuis 2017, d’abandonner progressivement son activité de financement dans le reste de l’économie. L’année dernière, la plate-forme a collecté 26 millions d’euros, dont 21 millions dans les énergies renouvelables. La société vise 28 millions d’euros en 2020, uniquement dans les EnR.

Collecte locale

Elle n’est pas la seule sur le créneau. Sur son site, le ministère de la Transition écologique recense 20 autres plateformes de crowdfunding permettant aux porteurs de projets d’obtenir le label « financement participatif pour la croissance verte ».

Pour autant, crowdfunding ne rime pas forcément avec « foule ». Pour éviter les dérives, la loi restreint la collecte à un périmètre géographique. Le but étant d’associer la population locale afin qu’elle accueille de manière plus favorable ces projets d’infrastructures.

Les seuils fixés par la réglementation sont faibles : il suffit d’une vingtaine de particuliers pour être estampillé « participatif ». Dans les faits, les particuliers ne participent au financement des projets qu’à hauteur de 4 à 8 % du montant total.



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