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Finance

Prêts risqués aux entreprises : BNP Paribas risque de plus lourdes exigences en capital



BNP Paribas se trouve logiquement dans le viseur . Fin mars, la Banque centrale européenne (BCE), qui assure la supervision du secteur bancaire dans la zone euro, avait écrit aux dirigeants des établissements du Vieux Continent pour leur demander de mieux encadrer leur politique de distribution de prêts à effet de levier, utiles notamment dans les opérations de LBO.

Or, selon Bloomberg, la banque française – et sa très conquérante banque d’investissement – se trouverait parmi les plus concernées. Elle figurerait en effet en bonne place d’un classement interne à la BCE des établissements les plus engagés dans cette activité très lucrative mais aussi très risquée, dont le rythme a toutefois fortement ralenti depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine .

« C’est normal que les plus grands intervenants de ce marché comme Deutsche Bank ou BNP Paribas attirent particulièrement l’attention des gendarmes », convient une source bancaire. Contactés, ni BNP Paribas ni la BCE n’ont commenté. Outre les banques américaines, très actives sur ce segment en Europe, UniCredit, Intesa Sanpaolo, ou encore HSBC font partie des principaux acteurs, selon des données Dealogic.

Six fois l’Ebitda

Dans son courrier du 28 mars aux dirigeants de banque , Andrea Enria, le président du conseil de surveillance prudentielle de la BCE, s’était ému à l’échelle du secteur d’un « appétit au risque proche ou équivalent au plus haut niveau observé depuis la grande crise financière ».

Les financements à effet de levier sont une des vulnérabilités principales des banques systémiques

Andrea Enria BCE

A ses yeux, écrivait-il, « les financements à effet de levier sont une des vulnérabilités principales des banques systémiques ». L’explosion des prêts dont le montant dépasse six fois l’Ebitda (résultat d’exploitation) concentre les inquiétudes. Censés être accordés de façon « exceptionnelle », ceux-ci ont pesé pour moitié dans les nouvelles transactions entre 2019 et 2020, et pour plus de 60 % au premier semestre 2021, poursuit le superviseur.

Depuis, la finance à effet de levier a fortement ralenti depuis le début de l’année, selon Dealogic. Le secteur a généré 600 millions de dollars de revenus en Europe – toutes banques confondues – au premier trimestre, en chute de 44 % sur un an.

« L’idée n’est pas d’empiler les fonds propres »

Cette attention accrue à BNP Paribas signifie que l’établissement peut s’attendre à de nouvelles exigences en fonds propres (à placer en face de ces expositions), à moins qu’elle adapte son portefeuille. 

L’exigence en capital reste une arme parmi beaucoup d’autres, selon un bon connaisseur de la supervision. Lorsqu’un risque est identifié, l’idée est de réduire ce risque, pas simplement d’empiler les fonds propres. Dans ce cadre, la BCE a une approche graduelle : dialogue, injonction formelle, avant d’en arriver à une exigence en capital.



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