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Economie

QR code, masques…Ce que proposent les restaurateurs pour la réouverture des établissements


QR Codes, ouverture seulement pour le déjeuner, vaccination des salariés : les professionnels de la restauration ont été invités à proposer des pistes pour rouvrir les établissements dans le respect des exigences sanitaires.

Pour eux, il n’y a pas vraiment eu de déconfinement depuis le 30 octobre. En ce début de semaine, les restaurateurs ont été priés par le gouvernement de présenter «en urgence» des pistes d’organisation en vue d’une potentielle réouverture. Une lueur d’espoir ? Les représentants de la profession préfèrent rester prudents, mais ils anticipent en tout cas un protocole pour convaincre le gouvernement de leur permettre de reprendre leurs activités. Les représentants de la profession remettront ce vendredi au premier ministre Jean Castex un document de huit pages présentant leurs attentes concernant la réouverture.

Globalement, les professionnels espèrent retrouver le protocole sanitaire qui était déjà en place lors du premier déconfinement : masque obligatoire pour les salariés du restaurant et les clients avant le premier plat, distanciation des tables de 1 mètre, avec jamais plus de six convives. Après une année éprouvante pour la profession, pas question pour autant de compliquer outre mesure le protocole sanitaire dans les établissements. «Ce protocole a fait ses preuves, argumente Hervé Dijols, président du syndicat national de restauration thématique et commerciale (SNRTC), qui participe aux discussions avec le gouvernement. Si on augmentait la distance entre les tables, ce qui signifie abaisser la jauge d’accueil des restaurants, certains n’atteindraient pas le seuil de rentabilité et n’ouvriraient pas.»

QR Codes

Une nouveauté cependant : les représentants des restaurateurs planchent actuellement sur la mise en place de QR codes dans les restaurants, afin de prendre le relais des carnets de rappel. Ceux-ci devaient permettre d’alerter les clients d’un restaurant si une autre personne présente dans la salle se déclarait positive dans les jours suivant le repas. Le QR code, développé main dans la main avec le cabinet du secrétaire d’État au numérique Cédric O, aura la même fonction, mais il permettra un rappel automatisé. Ce dispositif devrait être fin prêt en avril. Les carnets de rappel, de leur côté, ne disparaîtraient pas totalement, afin de permettre aux personnes qui ne possèdent pas de smartphone d’être rappelées également si elles étaient cas contact.

Un calendrier à définir

Les représentants de la profession appellent, dans un premier temps, à rouvrir les restaurants seulement à l’heure du déjeuner, tout en permettant aux hôtels de réaliser leur service du soir dans un souci de cohérence. Par ailleurs, alors que la gestion de l’épidémie est de plus en plus territorialisée (avec notamment un confinement le week-end dans le Pas-de-Calais, à Dunkerque et dans les Alpes-Maritimes) ils proposent de rouvrir les restaurants seulement dans les régions dont la situation épidémique le permet. «Nous pensons notamment au littoral atlantique et à la Manche, précise Didier Chenet, président du groupement national des indépendants hôtellerie-restauration (GNI HCR). Mais aussi à l’Auvergne, et à une partie du sud-ouest. Nous proposons en outre une grande campagne de vaccination des salariés de la restauration, sans critère d’âge, pour éviter les transmissions.»

Reste la question du calendrier. Pour Didier Chenet, il est indispensable que le gouvernement annonce la date de réouverture des restaurants avec trois semaines d’avance pour permettre de «reformer les équipes, qui travaillent très peu depuis quasiment un an, et pour s’assurer que le matériel est en l’état pour la reprise», explique le président du GNI HCR. Idéalement, cette reprise de l’activité de restauration aurait lieu à la mi-avril – échéance à laquelle le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal fait miroiter, peut-être, «un retour à une vie plus normale». Idéalement encore, les professionnels souhaitent que les établissements puissent reprendre leur service du soir dans les semaines suivantes, ce qui suppose la levée du couvre-feu. D’ici là, les syndicats réclament un renforcement des contrôles pour mettre fin au phénomène des restaurants clandestins, qui négativement affecté l’image de la profession. Ils appellent, enfin, à la réouverture des bars et des discothèques dès le mois de juin.

Adapter les dispositifs d’aide

À l’heure actuelle, rien ne permet d’assurer que ce calendrier sera bien suivi par le gouvernement : l’heure est plutôt au renforcement des mesures sanitaires avec notamment la multiplication des confinements locaux. «Jusqu’ici, on observait un dogmatisme médical. Mais désormais, nous sommes également face à un ras-le-bol des Français face aux mesures sanitaires, que le gouvernement doit prendre en compte», veut croire Hervé Dijols, président du SNRTC.

La reprise sera en tout cas progressive. Les représentants de la profession ont rencontré mercredi soir la ministre du Travail Élisabeth Borne pour discuter du futur des dispositifs d’aides financières mises en place par L’État, actuellement indispensables pour maintenir les restaurants à flot. «Il ne faut pas stopper directement ces aides. Cela pourrait gâcher tous les efforts faits depuis un an pour aider les restaurants», estime Hervé Dijols, citant notamment le dispositif de chômage partiel et le fonds de solidarité. En effet, si les restaurants venaient à rouvrir seulement le midi, beaucoup d’établissements devraient maintenir une partie de leurs équipes au chômage partiel par manque d’activité. «L’adaptation des aides aux restaurants, c‘est désormais quelque chose que le gouvernement a intégré, conclut Hervé Dijols. Nous devrons préparer une phase d’accompagnement après le déconfinement. Pour le moment, elle est assez floue.» En espérant que ce déconfinement soit le dernier.



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