Image default
Economie

quatre firmes prêtes à payer 26 milliards de dollars


Laboratoires et distributeurs de médicaments sont accusés d’avoir alimenté la crise qui ravage les États-Unis.

Le montant est historique, mais il est à la hauteur du fléau qui ravage les États-Unis depuis le début des années 2000. Accusés d’avoir alimenté la crise des opiacés, ces puissants antidouleurs qui créent dépendance et surdose médicamenteuse, quatre groupes pharmaceutiques américains sont prêts à payer 26 milliards de dollars au total pour solder les milliers d’actions en justice intentées contre eux.

Le laboratoire Johnson & Johnson a accepté de verser 5 milliards sur neuf ans, et les distributeurs McKesson, Cardinal Health et AmerisourceBergen – fournisseurs de quelque 90% des médicaments américains – 21 milliards sur 18 ans. Accusés d’avoir fermé les yeux sur des commandes d’opiacés anormalement élevées, les distributeurs s’engagent en outre à les surveiller.

Après presque deux ans d’une bataille épique, cette proposition d’accord à l’amiable doit permettre de mettre fin à près de 4000 actions intentées au civil contre ces laboratoires par des dizaines d’États américains et collectivités locales. «Ces quatre sociétés ont non seulement contribué à déclencher la crise, mais elles ont continué à l’attiser pendant plus de vingt ans, a déclaré mercredi soir Letitia James, la procureur générale de l’État de New York. Aujourd’hui, nous les tenons pour responsables et nous injectons des milliards de dollars dans les collectivités à travers le pays.»

Les 26 milliards que les sociétés proposent de payer doivent permettre aux États et collectivités de financer les traitements rendus nécessaires par ce qui est comparé à une épidémie outre-Atlantique. «Plus de 40 États» devraient l’entériner dans les 30 jours, estime la procureur. S’il se confirme, cet accord sera le plus important de l’épique bataille juridique engagée par des États américains pour faire payer les entreprises accusées d’avoir produit et promu les médicaments opiacés.

500.000 morts en vingt ans

Johnson & Johnson, qui a renoncé à produire ou vendre toute substance opiacée, avait déjà annoncé fin juin un accord à l’amiable avec le seul État de New York, prévoyant de verser 230 millions de dollars. Initialement réservés aux patients souffrant de douleurs sévères, les «opioïdes», ces puissants antidouleurs, sont devenus depuis le début des années 2000 presque aussi courants que l’aspirine aux États-Unis. Poussés par les laboratoires, ces analgésiques ont rapidement généré des problèmes de dépendance, affectant toutes les catégories de population. En vingt ans, ils ont fait plus de 500.000 morts par overdose aux États-Unis et réduit l’espérance de vie des Américains entre 2014 et 2018. La pandémie et les confinements ont aggravé la situation et plus de 93.000 Américains ont perdu la vie par overdose en 2020 à cause des produits, du jamais-vu.

Même s’il est accepté par de nombreux États, l’accord annoncé mercredi ne soldera pas tous les litiges: d’autres laboratoires attaqués en justice n’y sont pas associés, comme Teva, Allergan, ou Endo. Il en va de même pour des grandes chaînes de pharmacies américaines – Walgreens, CVS -, ou les pharmacies des magasins Walmart. La bataille en cours est souvent comparée à celle menée par les États contre les cigarettiers dans les années 1980: elle déboucha en 1998 sur un accord à l’amiable pesant près de 250 milliards de dollars.



Source link

Autres articles

L’État a réussi à contenir l’explosion du chômage en 2020

administrateur

une fréquentation plus forte que pour la réouverture de 2020

administrateur

la décision de L’Oréal est loin d’être isolée

administrateur

les prix reviennent à leur niveau d’avant-crise

administrateur

Elle attaque le premier ministre après la mort de son père qui a contracté le Covid-19 à l’hôpital

administrateur

Facebook veut traiter les politiques comme tout le monde

administrateur