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Economie

Que sont les SMR, ces mini-centrales nucléaires que veut développer le gouvernement ?


Le développement de cette technologie, dans laquelle la France s’avère en retard, va bénéficier de la rallonge du plan de relance.

Emmanuel Macron avait annoncé, en 2018, une réduction de la part du nucléaire à 50% du mix énergétique d’ici 2035. Mais désormais, le président de la République semble croire davantage dans l’avenir de l’atome. Le gouvernement a notamment pour objectif d’accélérer le développement en France de la technologie des petits réacteurs modulaires, ou small modular reactors (SMR). Une technologie méconnue en France, mais qu’Emmanuel Macron juge «pleine de promesse».

Le SMR devrait donc figurer dans la rallonge de 30 milliards d’euros au plan de relance. Ce n’est pas une surprise – l’inverse l’aurait été. « Le soutien du président de la République au projet de SMR est connu, rappelle-t-on dans l’entourage du chef de l’État. Ce projet bénéficie de financements de France Relance (le plan de relance présenté en septembre 2020)».

Emmanuel Macron a également mentionné le dossier du SMR lors de son discours du Creusot, en janvier dernier. « Avec une enveloppe de 50 millions d’euros, le plan de relance investi sur deux ans dans la réalisation d’un avant-projet sommaire et engage ainsi la France dans la compétition mondiale sur les SMR, avait-il déclaré devant la filière nucléaire réunie dans l’usine historique de Framatome. Il nous faut rapidement rattraper le retard, considérer aussi toutes les options de partenariat envisageables et nous positionner sur ce segment. »

La France est en effet en retard, reconnaît-on jusque dans les rangs d’EDF, alors que cette technologie concentre en effet les espoirs des industriels. Plus petits, les SMR ont une puissance moins importante, mais ils sont aussi moins gourmands en eau pour se refroidir. Ils disposent en outre de mécanismes de sûreté passifs, qui leur permettent de réaliser un refroidissement sans intervention humaine.

En outre, les SMR sont moins complexes à produire. La petite puissance de ces réacteurs doit leur permettre d’être fabriqués en série, à l’usine. Cela signifie qu’ils peuvent être produits plus rapidement qu’un réacteur nucléaire «classique», et que leur installation est également plus simple. Leur petite taille les prédestine généralement à l’alimentation de sites plutôt isolés.

À VOIR AUSSI – «L’énergie nucléaire est une énergie décarbonée, une énergie sûre», affirme Emmanuel Macron

Concurrence étrangère

Sur cette technologie, la concurrence internationale a déjà pris une longueur d’avance. De nombreux projets d’implantation de SMR sont en effet en gestation à l’étranger, notamment en Russie, en Chine, aux États-Unis ou au Japon. Ainsi, la Chine a débuté en juillet dernier la construction de son premier SMR, Linglong One. Situé sur l’île de Hainan, ce réacteur de 125 mégawatts (MW) pourra alimenter 526.000 foyers en électricité.

Parallèlement, en août dernier, le groupe russe du nucléaire Rosatom a obtenu les autorisations nécessaires pour implanter en Sibérie un SMR d’une puissance de 50 MW. Sa construction devrait débuter en 2024 et permettre d’exploiter des mines très reculées.

Réacteur français en 2035-2040

Il faudra attendre 2035-2040 pour que le SMR tricolore d’EDF soit mis sur le marché. Le design de «Nuward» – c’est son nom – a déjà été dévoilé en avril dernier. L’objectif affiché d’EDF: faire de ce type de réacteurs une solution de remplacement des centrales à charbon et à gaz, peu compatibles avec la transition climatique. EDF et ses partenaires TechnicAtome, Naval Group, ainsi que le CEA espèrent pouvoir présenter un premier dossier d’option de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire d’ici 2022. D’une puissance de 170 MW, ce réacteur est principalement destiné à l’export, précise Les Échos.

Le réacteur SMR étudié par le consortium Nuward. CEA

Le nucléaire, qui compte aujourd’hui pour 70% de la production électrique française, s’annonce comme un enjeu de la campagne présidentielle. Sur fond d’augmentation des prix de l’énergie, les candidats à l’élection ont fait de cette question un marqueur politique, qui divise la gauche et dont la droite s’empare. En marge d’un déplacement en Polynésie française fin juillet et malgré les dissensions au sein même du gouvernement, Emmanuel Macron a pour sa part enfoncé le clou: «La France a une chance, quand on parle d’émissions de gaz à effet de serre, c’est le nucléaire», a-t-il tranché auprès de franceinfo.


À VOIR AUSSI – Nucléaire: quels défis pour la filière ?



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