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Economie

qu’en pensent les professionnels ?


Ce samedi matin sur France Inter, la ministre du Travail a estimé que les acteurs du secteur devaient «mettre des propositions sur la table». Ces derniers répondent que leurs marges de manœuvre sont inexistantes.

Ce samedi matin sur France Inter, la ministre du Travail Élisabeth Borne a estimé que les rémunérations «ne sont pas à la hauteur» dans certains secteurs comme les hôtels, cafés, restaurants, invitant les employeurs de ces secteurs, «massivement aidés pendant la crise», à «mettre des propositions sur la table».

Un jugement reçu de manière contrastée du côté des professionnels du secteur. Hervé Becam, vice-président confédéral de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), se dit prêt à discuter de ce sujet avec le gouvernement : « Si l’État organise des moments de négociation, nous y serons. Mais il faut rappeler que les marges des restaurants et des cafés sont très réduites et elles ne permettent pas d’augmenter les salaires. Il faut donc réfléchir à différentes pistes pour que ces augmentations n’entament pas la marge de l’établissement. On pourrait envisager des compensations fiscales pour les entreprises par exemple. »

Mais la déclaration de la ministre n’a pas été aussi bien reçue par tous les professionnels. Romain Vidal, directeur du restaurant Le Sully à Paris, a été extrêmement surpris. «Nous sortons à peine d’une crise d’un an et demi. C’est très maladroit de la part de la ministre de nous pointer du doigt ainsi alors que, malgré la fermeture administrative de nos établissements, nous avons payé les congés de nos salariés et nous avons été nombreux à payer la partie du chômage partiel que ne prenait pas en charge le gouvernement pour que nos salariés n’aient pas d’impact sur leurs revenus», revendique-t-il. Ce directeur de restaurant souhaite souligner qu’il ne peut pas augmenter ses salariés car il n’en a tout simplement pas les moyens financiers.

Un déficit chronique de salariés

La problématique de la rémunération en masque une autre : le secteur a aussi de grandes difficultés à recruter. Mi-avril, l’UMIH, le GNC (Groupement national des chaînes hôtelières), le GNI (Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration) et le SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale) avaient dévoilé une étude pointant le fait que près de 100.000 salariés pourraient manquer à l’appel au moment de la reprise de l’activité, annoncée pour la mi-mai.

«Nous sommes dans un déficit chronique de salariés. Le premier frein au recrutement est le travail en décalé et la coupure dans la journée. La question de la rémunération arrive en quatrième position dans nos freins à convaincre de nouveaux employés», affirme Hervé Becam. Romain Vidal estime pour sa part que la crise a rendu le métier moins attractif pour les jeunes puisqu’ils ont constaté que les établissements pouvaient être fermés plusieurs mois.

L’UMIH a lancé, fin août, une enquête auprès de ses adhérents pour évaluer le niveau des salaires dans les grands restaurants mais aussi dans les petits. Les résultats devraient être dévoilés dans les prochaines semaines. «Nous devons savoir si le niveau des salaires est au niveau du marché par rapport aux qualifications demandées et aux contraintes du métier», explique Hervé Becam.



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