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Economie

Qu’est-ce que Jenji, l’application qui gère les notes de frais à l’Assemblée nationale ?


La plateforme française, créée en 2016, permet d’éviter les fraudes grâce à sa technologie. Elle travaille avec plus de 40.000 clients comme Enedis, GRDF ou Lafarge.

À l’Assemblée Nationale, la gestion des notes de frais fait débat. Il y a quelques jours, la députée LREM Caroline Dubost a annoncé son retrait de la vie politique à la suite de révélations de Mediapart, sur des dépenses «mirobolantes». Pourtant, depuis début 2019, les députés ont à leur disposition l’application Jenji, visant à faciliter le remboursement des notes de frais.

Créée en 2016, la plateforme française cherche à «simplifier le processus entre les collaborateurs et les employeurs». Le principe est simple, il suffit de prendre en photo dans l’application les tickets de caisse ou les factures de ses dépenses, avant que les justificatifs ne soient envoyés aux entreprises. «Cela ne prend que quelques secondes et l’employé peut directement jeter son ticket», note Pierre Queinnec, cofondateur de Jenji. Du côté de l’employeur, l’application lui permet de visualiser globalement les dépenses de ses salariés en «éliminant une certaine charge mentale». À noter que tous les documents sont chiffrés et que Jenji n’y a pas accès.

Malgré ces fonctionnalités, l’Assemblée Nationale signale dans le dernier rapport du déontologue Christophe Pallez que «Jenji demeure peu utilisée par les députés puisque sur les 157 sélectionnés pour le contrôle annuel 2020, seuls 7 ont transmis leurs comptes via cette application». Le précédent rapport de 2020 indiquait que l’utilisation d’une «application électronique centralisée» semblait «souhaitable». Mais celui de 2021 «n’estime pas possible d’imposer l’utilisation de Jenji à tous les députés et à travers eux à leurs experts-comptables qui utilisent une diversité d’outils informatiques». En plus de l’Assemblée Nationale, la start-up française travaille également avec 40.000 sociétés à travers le monde, dont des grands comptes, des établissements publics et des associations.

Une réduction des erreurs

Parmi ses clients, figurent notamment les groupes TotalEnergies, Lafarge, GRDF, Enedis ou encore la Matmut, représentant «des centaines de milliers d’utilisateurs actifs». «Les prix des abonnements varient suivant la durée, le nombre d’employés et leur activité sur la plateforme», souligne Pierre Queinnec, avant d’ajouter «que les contrats vont de quelques dizaines d’euros à un million».

Concernant le taux d’utilisation, celui-ci diffère principalement suivant le secteur d’activité. Par exemple, le milieu du BTP enregistre des notes de frais quotidiennes, alors que d’autres métiers ne le font qu’occasionnellement. Les deux cofondateurs, Pierre Queinnec et Nicolas André, ont ainsi fait le choix «de ne pas tarifer leurs clients si les utilisateurs ne sont pas actifs sur Jenji». Parmi ses valeurs ajoutées, la plateforme permet aussi d’analyser les données et de «trouver des erreurs». Si un salarié enregistre le ticket de son repas au cours duquel il a consommé de l’alcool, Jenji signalera à l’entreprise que le taux de TVA est à 20% et qu’il y a donc une anomalie. «C’est assez fréquent», remarque Pierre Queinnec.

L’application doit faire face à de nombreux concurrents sur la gestion des notes de frais, comme Mooncard, Rydoo, Solda ou la récente licorne tricolore Spendesk. Pour se démarquer, Jenji lorgne désormais sur l’international, après s’être implantée en Allemagne, en Suisse, à Singapour, et depuis un mois aux États-Unis. La plateforme compte «performer» sur le sol américain, représentant «l’un des plus gros marchés» de la jeune pousse française.



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