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Finance

Relance : Bercy promet 3 milliards pour renforcer les bilans des entreprises



L’échéance approche. Dans dix jours, le gouvernement doit présenter son plan de relance à 100 milliards d’euros. L’objectif est clair : « retrouver d’ici à deux ans le niveau d’activité économique [qui était celui du pays] avant la pandémie », a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, dans une interview accordée jeudi au journal « Sud-Ouest ».

Outre le soutien à l’emploi, les reports et exonérations de charges et le financement de la transition écologique, une partie des fonds alloués par l’Etat doit aussi aider les PME à renouer avec la croissance. « Nous mettrons 3 milliards d’euros sur le soutien au financement des entreprises, pour leur permettre de se développer », a indiqué Bruno Le Maire.

Pour traverser la crise, de nombreuses entreprises ont en effet eu recours à l’endettement, notamment via les prêts garantis par l’Etat (120 milliards d’euros accordés). Selon Bercy, la majorité d’entre elles n’auront pas de mal à rembourser ces emprunts, qui peuvent être étalés sur cinq ans, à partir de l’an prochain. Mais pour certaines ce sera plus compliqué.

Surtout, ces nouvelles dettes obèrent la capacité des entreprises à réinvestir et à trouver des financements pour leurs projets futurs. Elles ont donc besoin de renforcer leurs fonds propres.

Jusqu’à 20 milliards d’euros de financement

Une grande partie des 3 milliards d’euros annoncés serviront à cela. Cette somme, qui pourrait prendre la forme d’une garantie, doit permettre de financer des instruments de quasi-fonds propres, comme des obligations convertibles ou des prêts participatifs, qui viendront solidifier le bilan des entreprises. L’engagement de l’Etat doit faire effet de levier pour inciter d’autres investisseurs à apporter de l’argent. Au total, le secteur bancaire estime les besoins entre 12 milliards et quelque 20 milliards d’euros.

Le montant dépendra in fine des paramètres et modalités encore en cours de discussions avec les banques qui distribueront cet argent, mais aussi avec les assureurs, ou les gestionnaires d’actifs, qui seront incités à investir l’épargne de leurs clients dans le financement à long terme des entreprises. « On ne connaît pas encore la force de la garantie de l’Etat. C’est ce qui permettra de savoir quelles sommes pourront réellement être investies et pour quelles entreprises », confie une source financière.

Les discussions entre la place financière et Bercy sur la finalisation de ce dispositif ont été initiées dès la fin mai. Selon nos informations, chaque banque pourrait créer un fonds dédié pour porter ces nouveaux outils d’investissement.

Un nouveau marché

Les entreprises visées sont plutôt les PME familiales, qui n’ont pas forcément accès aux investisseurs en fonds propres. Les grandes entreprises peuvent se fournir sur les marchés financiers, les ETI et grandes PME ont quant à elles accès aux outils de capital-investissement traditionnels. « C’est un nouveau marché qui sera créé. Il faut que ce soit le plus simple et le plus transparent possible pour les entreprises qui en auront besoin », explique Maya Atig, la directrice générale de la Fédération bancaire française.

Pour que le dispositif fonctionne, il faut que le coût ne soit pas trop élevé pour l’entreprise. Selon nos informations, les banques plaideraient pour un taux de 4 à 5 %, à peine plus élevé qu’un crédit classique. Du niveau de la garantie apportée par l’Etat, et donc du risque porté, dépendra justement la rémunération pour les investisseurs. Reste encore à faire valider ce mécanisme par l’Union européenne. Là aussi, les discussions sont en cours.

Outre le dispositif de quasi-fonds propres, l’enveloppe des 3 milliards d’euros servira aussi à renforcer les instruments de financement déjà existants chez bpifrance et à alimenter certains fonds d’investissement dans les régions.



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