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Finance

Ryanair fait ses adieux à la Bourse de Londres



Publié le 19 nov. 2021 à 12:02Mis à jour le 19 nov. 2021 à 12:20

Ryanair abandonne la Bourse de Londres. La plus grande compagnie low cost d’Europe a officiellement demandé sa radiation de la cote londonienne vendredi. « Les volumes d’échanges sur le London Stock Exchange ne justifient pas les coûts » associés à cette cotation, a précisé la société. Son retrait sera effectif le 17 décembre.

La compagnie irlandaise avait déjà fait part de son intention lors de la présentation de ses derniers résultats. Elle avait alors évoqué les difficultés liées au Brexit. Avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne , Ryanair se retrouve en effet dans une situation compliquée : la réglementation européenne impose qu’une majorité des actionnaires appartiennent à l’Union, mais sans les Britanniques, Ryanair ne respecte plus ce quota.

Moins de 10 % des volumes

« C’est une conséquence inévitable du Brexit », avait récemment déclaré Michael O’Leary, le patron de Ryanair, à l’agence Bloomberg. « Nous devons être détenus et contrôlés par des Européens, et se retirer de la cote londonienne est une petite part dans cette stratégie ».

Pour se conformer aux règles de l’UE, la compagnie aérienne avait privé de droit de vote ses actionnaires britanniques en décembre dernier. En cas de vente de leurs actions, ils étaient également contraints de céder leurs titres à des investisseurs européens. En septembre, Ryanair avait ainsi engagé la vente forcée de 1 million de titres acquis par des investisseurs non européens depuis le 1er janvier.

Résultat, les volumes d’actions Ryanair échangés sur le marché londonien avaient déjà plongé. Ils représentaient moins de 10 % des échanges totaux sur les titres Ryanair. Or, maintenir une double cotation représente un coût supplémentaire pour toute société. La première place de cotation de la société est Euronext Dublin. Elle est également cotée sur le Nasdaq via des ADR (American Depository receipts), ces certificats qui permettent aux investisseurs américains de détenir des actions de sociétés étrangères, mais libellées en dollars.

Une perte pour la Bourse de Londres

C’est une perte symbolique de plus pour la Bourse de Londres. Le marché britannique souffre depuis le Brexit d’une désaffection des investisseurs. Le FTSE britannique est ainsi l’un des rares grands indices boursiers à ne pas avoir retrouvé son niveau d’avant-crise.

Les sociétés cotées à Londres sont en moyenne moins bien valorisées que leurs concurrents cotés sur les Places du Vieux Continent. Des groupes de private equity en ont profité pour racheter des entreprises britanniques à bas coût.

Le groupe minier australien BHP, la deuxième plus grosse capitalisation de l’indice FTSE 100, a déjà annoncé cet été vouloir renoncer à sa cotation londonienne au profit de la Bourse australienne. Il maintenait une double cotation depuis sa création il y a 20 ans.

Mais la City n’a peut-être pas dit son dernier mot. Unilever et Shell ont pour leur part choisi de faire de Londres leur siège principal au détriment des Pays-Bas.



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