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Finance

Sanctions : Le Luxembourg, plaque tournante du private equity, montre patte blanche



Depuis l’entrée en vigueur des sanctions contre la Russie, le Luxembourg veut effacer son image de boîte noire . A la fois poumon des fonds européens et porte d’entrée du private equity international sur le Continent, le pays veut prouver qu’il applique au millimètre les mesures de l’Union européenne (UE) visant les ayants droit russes.

« Notre pays joue pleinement son rôle dans la réponse commune de l’UE à l’invasion russe de l’Ukraine », a vanté la ministre des Finances Yuriko Backes. Et le Luxembourg de mettre en avant l’efficacité de son registre sur les bénéficiaires effectifs (autrement dit les personnes physiques qui sont derrière les structures investissant dans les fonds), qui a permis d’identifier 86 sociétés en rapport avec 11 personnes physiques.

Selon le média luxembourgeois Paperjam, qui cite une base de données en ligne d’anciens salariés des grands cabinets d’audit et tirée d’informations publiques, douze oligarques russes, dont les actifs mondiaux sont estimés à 140 milliards de dollars, sont les bénéficiaires effectifs de 90 entités luxembourgeoises.

Une centaine de notifications de gel des avoirs

C’est le cas de l’homme d’affaires russe Mikhaïl Fridman, visé par les mesures européennes. Sa société d’investissement LetterOne est en effet basée au Luxembourg. Effet collatéral des sanctions, trois fonds de la société de private equity britannique Pamplona, dans lesquels LetterOne avait investi, ont été liquidés fin mars.

Interrogée, la Commission de surveillance du secteur financier , qui veille à ce que les entités luxembourgeoises respectent les sanctions, dit avoir « rétabli le pilotage de crise pour les entités surveillées les plus exposées » et opérer des contrôles sur place. « Nous suivons ainsi la situation sur une base quotidienne », dit-elle.

Le ministère des Finances a déclaré de son côté avoir reçu de la part des opérateurs luxembourgeois une centaine de notifications sur le gel des avoirs. « Aucune demande d’autorisation dérogatoire aux mesures restrictives financières n’a été délivrée », a-t-il affirmé.

Un encadrement strict en Europe

Partout en Europe, les capitaux russes faisaient déjà l’objet de contrôles avant la crise. « On s’est vu proposer une centaine de millions d’euros l’an dernier par le biais d’un intermédiaire, témoigne le gérant d’un gros fonds actif en Europe. On a refusé et je sais qu’il s’est vu retoqué par d’autres. On ne les connaissait pas et on évite de passer par des tiers, comme les véhicules de banques privées ».

« L’AIFM, la directive sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs , permet un encadrement indéniablement plus fort en Europe qu’aux Etats-Unis, déclare Eric de Montgolfier, le CEO d’Invest Europe, l’association européenne des fonds d’investissement qui compte 610 membres avec 754 milliards d’euros de capitaux sous gestion. Le droit européen, notamment en matière de sanctions, impose d’aller chercher les bénéficiaires effectifs, et le private equity n’y fait pas exception ».



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