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Economie

Sans le «quoi qu’il en coûte», les finances publiques se seraient encore plus dégradées


Les mesures déployées par les pouvoirs publics français pour protéger l’économie durant la crise sanitaire ont certes coûté cher, mais leur absence aurait été pire encore, selon une étude.

C’est un fait : le «quoi qu’il en coûte» assumé par Emmanuel Macron a coûté cher à la France, très cher, même. La batterie de mesures déployées par les autorités pour porter l’économie à bout de bras durant la crise sanitaire a lourdement grevé les comptes publics pour longtemps. Mais sans ces mesures – fonds de solidarité, activité partielle, prêts garantis par l’État, pour ne citer que les plus connues -, la situation aurait été pire, selon une étude. Elles auraient donc été un mal nécessaire pour éviter une catastrophe plus terrible encore.

Publié mardi, le rapport de l’Institut des politiques publiques et du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) revient sur l’aspect macroéconomique de la crise sanitaire et simule notamment la manière dont l’activité tricolore aurait évolué en l’absence de réponse forte de l’État face aux conséquences économiques de l’épidémie. La France a été particulièrement résiliente face à la crise, notamment si l’on compare l’évolution de l’activité par rapport au choc de 2008, a souligné le professeur d’économie François Langot, durant une conférence.

Sans les mesures gouvernementales, «la chute du PIB au creux de la crise n’aurait pas été de 17, mais de 37» points de PIB, a noté le professeur à l’université du Mans. Et, derrière, le retour du PIB à un niveau pré-crise aurait pris «un an» de plus, soit 5,5 trimestres. Les mesures ont donc permis de limiter l’impact de la crise sur la croissance, d’accélérer la reprise et de renforcer l’activité sur le moyen terme.

Et, d’un point de vue budgétaire, la France serait aussi gagnante, selon l’étude : pour coûteux qu’il soit, le «quoi qu’il en coûte» a permis d’éviter une chute plus forte encore du PIB qui aurait impliquant un plus fort alourdissement de la dette publique. Dans un scénario sans aide de l’État, le ratio dette sur PIB aurait «énormément augmenté», passant brièvement à plus de 140%, avant de se stabiliser au-dessus des 120%. La marge de manœuvre des pouvoirs publics pour investir aurait également été fragilisée. «L’utilisation massive du chômage partiel semble avoir été payante et se révèle finalement moins coûteuse qu’une stratégie où le gouvernement aurait décidé de laisser augmenter le chômage», note l’IPP.

À VOIR AUSSI – «Le quoi qu’il en coûte a été plus efficace et moins coûteux que dans d’autres pays», selon Alain Minc

Satisfecit de la majorité

Malgré la forte dégradation des comptes publics, la situation actuelle serait donc plus appréciable que celle qu’aurait entraînée une absence de dépenses massives de l’État au cœur de la crise. Les aides ont permis un rebond rapide de l’activité, qui a surpris les analystes. Certaines prévisions publiées l’an dernier s’attendaient à un retour à la normale bien moins rapide : en juin 2020, la Banque de France s’attendait à une stabilisation de la dette «à un niveau proche de 120% sur la période 2020-2022», et à d’importantes suppressions d’emplois en 2020 et 2021. La réalité s’est heureusement montrée plus clémente. Reste que cette dette prendra des décennies à être remboursée.

Lors de la présentation de l’étude de l’IPP, plusieurs élus conviés ont accueilli favorablement les conclusions de l’analyse. «Je considère que les aides d’urgence ont été bien calibrées […]. Elles ont permis d’éviter le crash économique», a commenté la députée (ex-LREM, Nouveaux démocrates) Émilie Cariou. «C’est assez impressionnant de se dire que ces dépenses d’urgence étaient des dépenses d’investissement. […] Ça aurait été pire. […] Tout ça aurait été plus cher», a noté son homologue (LR) Éric Woerth. «Ce n’est pas comme ça qu’on va se désintoxiquer de la dépense publique», a nuancé ensuite l’élu du palais Bourbon. «La dette se serait creusée encore plus si les mesures n’avaient pas été entreprises», a renchéri le centriste (Modem) Jean-Noël Barrot.

Sur Sud Radio, mercredi matin, le patron de Bercy s’est lui aussi satisfait de l’analyse de l’IPP. «Si nous n’avions pas dépensé de l’argent public pour protéger les salariés et éviter des faillites, la dette publique française ne serait pas aujourd’hui de 115%, mais dix points supplémentaires, de 126%». «C’est moins cher de protéger que de réparer ensuite», a ajouté Bruno Le Maire, considérant que l’étude validait les choix politiques de la majorité durant la crise.


À VOIR AUSSI – Geoffroy Roux de Bézieux: «J’ai peur que l’on passe du quoi qu’il en coûte au quoi-qu’il-en-coutisme»



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