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Finance

Scandale Greensill : l’ex-Premier ministre David Cameron défend une « excellente idée »



« Une idée brillante, bonne pour le pays ». Sur le gril face aux députés britanniques, l’ex Premier ministre David Cameron répondait jeudi de son rôle de lobbyiste et actionnaire de la fintech Greensill , au coeur du plus gros scandale britannique depuis 2009 et l’affaire de fausses notes de frais de parlementaires. Durant deux heures, l’ex-locataire du 10 Downing Street n’a eu de cesse de défendre l’intérêt pour le financement de l’économie britannique de la fintech créée par l’un de ses anciens conseillers, Lex Greensill.

Surnommée « l’Amazon du fonds de roulement », sa chute a mis en danger des dizaines de milliers d’emplois, une quarantaine d’entreprises dans le monde, des municipalités allemandes, et compromis le système de santé publique du Royaume-Uni.

« Pour le pays, c’était important que cela réussisse. Je me souviens du précédent ‘credit crunch’ et combien la participation des banques avait été décevante », a déclaré l’ancien Premier ministre, qui a bombardé les cabinets ministériels et de hauts fonctionnaires de plus de 60 messages quand Greensill s’est trouvé au coeur de la tourmente en 2020.

Une meilleure paie que Premier ministre

« Tu fais du bon boulot, continue », envoie-t-il au chancelier de l’Echiquier Rishi Sunak, le 3 avril 2020. « Voyons-nous avec Rishi pour un check. Love DC », dit-il au secrétaire du Trésor, alors qu’il tente de faire intégrer Greensill dans le dispositif d’aide gouvernementale. « Le Covid-19 a été une attaque cardiaque pour tout le pays », justifie-t-il, expliquant qu’il fallait agir vite.

Tout en récusant tout intérêt personnel dans le lobbying en faveur de Greensill, David Cameron a reconnu être payé, en plus de ses actions, « un montant généreux, bien plus que lorsqu’il était Premier ministre ». Mais il a qualifié de « complètement absurde » le montant de 60 millions de livres évoqué jusque-là.

« Nous savons tous comment cela marche. Les déjeuners, l’hôtel, le mot discret dans l’oreille, les ex-ministres et les ex-conseillers que l’on emploie et qui aident le business », a rappelé une députée, citant sa propre déclaration de 2010 accusant les méthodes des lobbyistes. Ce à quoi l’ex-Premier ministre a répliqué que c’est grâce à sa réforme que les réunions des lobbyistes avec les hauts fonctionnaires, dont les siennes, étaient maintenant publiques.

Mis en cause pour avoir compromis le système de santé britannique, le NHS, lors d’une rencontre avec le ministre de la Santé – l’objectif était de faciliter le paiement des pharmacies -, l’ex-Premier ministre n’a pas cillé. « Les documents internes de Greensill expliquent que ce type de clientèle même non facturée permet de créer de la masse critique et des revenus croisés », l’accuse une députée. « C’était un système bénéfique », réitère David Cameron.



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