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Economie

Selon l’Insee, l’inflation s’envolera à 5,4 % sur un an fin juin


ANALYSE – Après avoir stagné au premier trimestre, l’activité économique devrait progresser de 0,25 % au deuxième.

Malgré les forts vents contraires, l’économie française évite le scénario du pire. «À ce stade, les données disponibles suggèrent un scénario de croissance modeste plutôt que de contraction de l’activité», analyse l’Insee dans sa dernière note de conjoncture.

Selon les prévisions de l’institut, après l’atonie du premier trimestre, l’activité économique frémirait légèrement entre avril et juin, avec une progression de 0,25 %. Dans ce contexte, si le produit intérieur brut (PIB) se stabilisait au deuxième semestre, le pays afficherait une croissance de 2,6 %, porté par le dynamisme de la fin 2021, sur l’ensemble de l’année.

Chèque alimentaire

La guerre en Ukraine et la stratégie zéro Covid en Chine, «des chocs d’offre négatifs qui augmentent la pression sur les approvisionnements et les prix», selon Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, pèsent sur l’industrie et le bâtiment au second trimestre. En revanche, certaines branches des services qui avaient souffert de la vague Omicron se redressent. Globalement, à l’exception du commerce de détail, les entreprises affichent, en cette période de grande incertitude, plutôt leur confiance dans l’avenir comme le démontrent leurs perspectives d’investissement qui ne décrochent pas.

Le moral des particuliers paraît bien davantage fragilisé. Ces derniers subissent en effet de plein fouet les hausses de prix et l’effritement de leur pouvoir d’achat. L’Insee estime à 1,5 % la baisse du pouvoir d’achat au premier trimestre et à 0,5 % au deuxième. L’inflation continuerait en effet à progresser, entraînée par les hausses des prix de production (+24% pour les productions industrielles, +27 % pour les produits agricoles dont + 70% pour les céréales) qui se transmettent à la consommation.

Après 4,8 % en avril, elle atteindrait 5,2 % en mai puis 5,4 % en juin. Même si l’Hexagone n’avait pas connu de tels taux depuis le milieu des années 1980, ils restent largement inférieurs à la moyenne de la zone euro, à 7,5 % en mars. «Hors bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie et remise à la pompe, l’inflation dépasserait les 7 % en juin», explique toutefois Julien Pouget.

Au fil des mois, la nature de l’inflation évolue. Alors qu’elle était depuis octobre menée par les prix de l’énergie, les hausses se diffusent, notamment à l’alimentation. En juin, les prix de l’énergie augmenteraient ainsi, en glissement annuel, de 26 % (après 29 % en mars) et ceux de l’alimentation, de 6,3 % (après 2,9 % en mars). Une envolée à laquelle le futur gouvernement tentera de faire face avec son chèque alimentaire, annoncé comme l’une des mesures d’un prochain projet de loi de finances rectificatif (PLFR).

Les mesures de l’exécutif visent à éviter les tensions sociales, mais aussi soutenir la consommation, qui a affiché une baisse de 1,3 % au premier trimestre. L’Insee ne se prononce pas sur une estimation globale pour le deuxième. Les économistes avancent simplement que «les services d’hébergement-restauration et de transport pourraient par exemple bénéficier d’un effet de rattrapage».

À VOIR AUSSI – Économie: les mesures qui s’imposent

PODCAST – L’impôt est-il juste? Le Moment Philo, par Aziliz Le Corre

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