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Finance

Shine étoffe sa gamme avec une assurance-facture

Publié le 27 avr. 2020 à 7h15

Jamais l’actualité n’avait autant bouleversé l’ordre des priorités. Chez Shine, l’un des projets qui ne devait pas voir le jour avant le second semestre est remonté tout en haut de la pile en 48 heures : proposer une assurance-facture à ses membres, des travailleurs indépendants et des TPE. La néobanque souhaite ainsi répondre à l’une des principales préoccupations qui stressent sa communauté, les retards de paiement.

Dans une étude qu’elle a menée durant la première phase du confinement (1.342 répondants), près d’un free-lance sur deux se déclarait victime de cette pratique illégale. Dans 52 % des cas, les factures sont d’un montant supérieur à 2.000 euros, et, si cette tendance venait à se confirmer et à durer plus de trois mois, 45 % d’entre eux estiment ne pas pouvoir survivre. Shine s’est donc mis en ordre de bataille pour lancer un service leur permettant d’assurer leur prestation. Pour cela, ils doivent éditer leur facture via l’application et souscrire à l’option dédiée, contre un coût de 2 % de son montant.

A échéance, si l’indépendant ou la structure n’a pas été payé, Shine relance automatiquement le client et prend en main le recouvrement au bout de 60 jours, si ce n’est toujours pas le cas malgré la démarche amiable. Dans cet exemple extrême, la start-up verse 90 % du montant dû à son souscripteur, le recouvrement intégral de la créance revenant à la jeune pousse. A la différence de l’affacturage, ce service est moins coûteux, mais il ne propose pas d’avance sur la facture.

D’autres acteurs évoluent sur ce créneau, comme Euler Hermes, mais sans être spécialisés sur cette cible des indépendants, particulièrement vulnérable durant cette période.

Hokodo, une pépite britannique partenaire

« Nous proposons ce service pour le démocratiser, précise Nicolas Reboud, PDG et cofondateur de Shine. Ce qui se passe sur les délais de paiement en ce moment est gravissime et nous souhaitons mettre à disposition l’outil auprès du plus grand nombre. » A ce stade, Shine compte 55.000 free-lances parmi ses clients alors que le marché français compte 3 millions de travailleurs indépendants. Il est difficile pour lui d’estimer combien d’entre eux lèveront cette option, mais la demande est là.

Pour construire cette nouvelle brique, la jeune pousse parisienne s’est appuyée sur Hokodo, une start-up britannique qui distribue ce produit assurantiel spécifique en partenariat avec Lloyd’s of London. Celui-ci permet de se connecter à son service via une API, un travail d’intégration qui a tout de même nécessité un mois de développement côté Shine.

Ce nouveau virage marque une étape importante pour l’agent prestataire de services de paiement (APSP) tricolore en attente de son agrément de l’ACPR pour devenir un établissement de paiement. Il lui permet de renforcer son positionnement sur une cible de plus en plus large et encore mal appréhendée par les autorités de régulation du travail.

Shine compte 70 personnes à ce jour et estime atteindre la centaine de collaborateurs dans les douze prochains mois. Ce qui devrait lui donner encore plus de latitude pour esquisser les prochains services en fonction de l’actualité à venir.



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