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Finance

Société Générale s’enfonce dans le rouge au deuxième trimestre



La crise du coronavirus et la récession qui l’accompagne continuent de plomber les comptes de Société Générale. La banque a accusé des pertes nettes de 1,26 milliard d’euros au deuxième trimestre, selon le communiqué de résultats publié ce lundi. Au premier trimestre, elle avait déjà perdu 326 millions d’euros . Les revenus baissent de 15,7 %, à 5,3 milliards d’euros.

Le groupe subit le contrecoup de la crise, avec une multiplication par quatre des provisions financières par rapport à la même période l’an dernier, à 1,28 milliard d’euros. Cet argent doit servir à faire face aux éventuels impayés des clients confrontés à la dégradation de la situation économique.

« S’appuyant sur une base de capital très solide et un portefeuille de crédit confirmant sa qualité intrinsèque, le groupe va poursuivre l’adaptation de ses activités au nouvel environnement post crise du Covid, prolongeant notamment les efforts de réduction de ses coûts », avertit le directeur général Frédéric Oudéa, cité dans le communiqué. Les frais généraux ont déjà baissé de près de 10 % sur le trimestre.

Réduction de coûts

La banque de financement et d’investissement demeure la source des problèmes. Société Générale a en effet enregistré, sur le trimestre, une dépréciation de la valeur de ses actifs dans les activités de marchés et de services aux investisseurs pour un montant de 684 millions d’euros. La division a continué de souffrir au deuxième trimestre d’un « environnement de marché exceptionnel », indique la banque, malgré les très bonnes performances des activités de « fixed income » (taux, change).

Dans le trading actions, Société Générale a subi les mêmes maux qu’au premier trimestre , avec une baisse de chiffre d’affaires de 79,5 %. « Sur les mois d’avril et de mai, les activités de produits structurés ont continué d’être affectées par l’annulation des paiements de dividende (perte de 200 millions d’euros), une corrélation toujours forte et des contraintes strictes en termes de production, explique la banque. Ces activités connaissent une reprise progressive depuis mi-mai ».

Dès le premier trimestre, les pertes encaissées sur ces métiers avaient conduit Société Générale à entamer une revue stratégique de son portefeuille de produits pour le rendre plus simple, et donc moins à risque. Le groupe annonce ce lundi que cette revue est en cours de finalisation. « Le recentrage aura un impact sur les revenus entre -200 et -250 millions d’euros », précise-t-il. Des réductions de coûts sont également prévues dans la division, avec des gains de 450 millions prévus d’ici 2022-2023.

Ces résultats contrastent avec ceux de BNP Paribas, publiés vendredi . C’est précisément la banque d’investissement (CIB) qui a soutenu la performance globale de son concurrent au deuxième trimestre, avec un bond de 50 % des revenus de la division, et un résultat avant impôt équivalent à la moitié du groupe.

Reprise de l’activité dans la banque de détail

L’activité dans la banque de détail en France porte également les stigmates de la crise et des six semaines de confinement au deuxième trimestre, avec une baisse des revenus de 12 %. « La production de crédits a été particulièrement concentrée sur les prêts garantis par l’Etat (PGE), avec un ralentissement de la production sur les autres catégories », explique le groupe. Là aussi, depuis mi-mai, l’activité reprend progressivement pour s’approcher des niveaux moyens de l’an dernier.

Les activités de banque de détail à l’international et les services financiers (assurances…) demeurent les plus résilientes, avec une baisse du chiffre d’affaires « limitée » à 10,8 %.

La structure financière de la banque reste solide, avec un ratio de fonds propres (CET 1) à 12,5 %. Société Générale prévoit qu’il s’inscrive dans le haut d’une fourchette comprise entre 11,5 et 12 % à fin 2020.



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