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Economie

Stéphane Plaza et Mickaël Nogal, un duo inédit au chevet de l’immobilier


INTERVIEW – L’agent immobilier et le député proposent des pistes pour concilier durablement sécurité sanitaire et reprise de l’activité. Ils en profitent pour nous livrer leur regard sur l’actualité.

Quand il s’agit pour l’animateur Stéphane Plaza de former un duo, on pense spontanément à Karine Le Marchand. C’est d’ailleurs chez sa grande amie qu’il loge actuellement, le temps que les travaux chez lui se finissent, comme on peut le voir sur son compte Instagram. Mais de manière plus professionnelle, l’agent immobilier et cofondateur du réseau qui porte son nom, s’est rapproché tout récemment du député LREM Mickaël Nogal, président du Conseil national de l’Habitat. Le but? Pousser à la reprise des visites immobilières et montrer qu’il est possible de concilier durablement sécurité sanitaire et activité immobilière.

Si beaucoup de choses séparent le jeune quinquagénaire (depuis cet été) et le jeune trentenaire (depuis ce jeudi), ce binôme atypique s’est constitué grâce aux réseaux sociaux. Le député admet volontiers disposer d’un peu moins de followers sur Instagram que l’animateur (16.000 contre 460.000) mais tous les deux expliquent gérer leur compte en direct et ont donc pu échanger facilement et constater qu’ils partageaient la même approche sur leur sujet de prédilection. En attendant (ce mardi) sa rencontre avec la ministre du Logement pour Stéphane Plaza et sa proposition de loi «Louer en confiance» (sans doute en janvier) pour Mickaël Nogal, ces deux connaisseurs de l’immobilier se confient au Figaro au moment où les agences immobilières rouvrent leurs portes au public et où les visites sont à nouveau possibles.

Le Figaro – Comment avez-vous vécu ce deuxième confinement?

Stéphane Plaza – Pour notre métier, nous pouvions continuer à travailler, à estimer mais pas à vendre. À partir de là, j’ai préféré stopper tous mes tournages pour la télé alors que j’étais autorisé à les poursuivre. J’ai voulu faire un geste fort car il faut être civique et rappeler que la santé doit primer. Mais je n’ai pas été inactif pour autant car cette période doit être celle de l’adaptation permanente. J’en ai profité pour développer un mandat «clique & réserve». Il s’agit de permettre à chacun de visiter un bien virtuellement, avant de confirmer son intérêt et de réserver dans la foulée une visite physique pour envisager une transaction.

Mickaël Nogal – Depuis le début de la crise sanitaire, je suis chargé au sein de la majorité de faire le lien entre les parlementaires, le gouvernement et les acteurs économiques. Pour ce deuxième confinement, j’ai donc continué à travailler et avec mes responsabilités dans le logement, j’ai beaucoup consulté les acteurs du secteur. Nous avons commencé à échanger avec Stéphane Plaza sur les réseaux sociaux. Je tiens à saluer sa décision de cesser ses tournages et de se concentrer sur les enjeux sanitaires pour tenir un discours de responsabilité. Personne n’a la maîtrise de la situation ni de grande visibilité même si le président de la République vient de nous en donner un peu.

Maintenant que les agences sont ouvertes au public et que les visites peuvent reprendre, que pensez-vous des règles qui s’appliquent? Notamment la limitation à un visiteur et aux achats de résidences principales?

M. N. – C’est évidemment une très bonne chose que l’activité reprenne. Mais il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une ouverture normale où tout reprend comme avant. J’appelle notamment à continuer à utiliser au maximum le télétravail. Les visites avec le nouveau protocole sanitaire n’empêchent pas de continuer à utiliser tous les outils technologiques permettant de limiter les contacts. Il faut que le marché retrouve son activité et l’une des restrictions que j’aimerais voir levée concerne le fait que les visites soient limitées à l’achat d’une résidence principale.

S. P. – Il est vrai que ce principe de la résidence principale me semble difficile à gérer et à faire respecter. Pas évident d’être sûr de l’usage qui sera fait du logement. En revanche, si je sais me montrer taquin, j’appliquerai et ferai appliquer strictement dans mes agences les consignes sanitaires. Nul n’est censé ignorer la loi. L’essentiel pour nous c’est de pouvoir reprendre les visites et s’il n’y a qu’un acheteur sur place, j’imagine qu’il s’agira surtout de femmes! Rien n’empêche d’autres personnes concernées par la transaction de suivre la visite à distance en visio.

Comment imaginez-vous la reprise du marché immobilier, sera-t-elle comparable au premier déconfinement?

M. N. – Une chose est sûre: l’intérêt pour l’immobilier ne se dément jamais et bon nombre de projets sont décalés et non pas annulés. Ce n’est pas forcément le cas dans de nombreux autres secteurs économiques que je suis également avec attention. Malgré ce gros atout, la question de la solvabilité des ménages va se poser avec des pertes de revenu. Au-delà du chômage partiel, des aides publiques sont prévues notamment pour les indépendants et les PME ainsi que les bénéficiaires des APL ou du RSA mais la période sera difficile pour beaucoup de gens.

S. P. – La période n’a pas grand-chose à voir avec la sortie du premier confinement où l’activité tournait à plein. Il n’y a pas eu d’exode urbain mais avant même le reconfinement, les prix avaient commencé à se tasser et l’accès au crédit devenait plus difficile. Il va donc falloir s’ajuster sur les prix. Et il faut aussi garder en tête que la période de l’année n’est pas très propice au mouvement. Sans oublier que nous ne bénéficierons pas d’un moteur qui avait tourné à plein après le premier confinement: celui des couples qui se sont renforcés et cherchaient à vivre ensemble ou ceux qui ont volé en éclat. Mais je pense que dès le printemps, le marché va repartir avec un besoin de verdure et d’espace plus fort que jamais.

Quelles traces durables la crise sanitaire pourra-t-elle laisser dans l’immobilier?

S. P. – Personne n’a choisi cette situation mais maintenant il faut s’adapter et travailler différemment. Il faut vraiment instaurer un protocole de travail à distance. Je travaille avec mes équipes pour les aider à humaniser les rendez-vous au téléphone et à soigner les vidéos de présentation. La visite physique reste très importante, on n’achète pas sans elle. Mais peut-être qu’à l’avenir nous en ferons moins. Le télétravail va sans doute s’installer durablement, tout comme le coworking que j’ai testé récemment et trouvé plutôt agréable. Il faut simplement que ce ne soit pas pour tous les jours et il faut proposer un maximum de solutions car le travail à distance est vécu très différemment par les uns et les autres.

M. N. – Quand on habite en zone détendue avec une surface suffisante, il est possible d’aménager un bureau chez soi et cette tendance va sans doute se développer. À Paris et dans les grandes métropoles, ce seront plutôt les espaces de coworking qui répondront à ce besoin. Et ces espaces de travail devraient aussi se développer en périphérie des grandes villes. Ces évolutions rappellent le lien entre le bureau et le logement. La transformation de bureaux en logements est un sujet qui me tient à cœur et à l’avenir, les constructions devront être les plus modulables possible pour faciliter ces changements d’usage.

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Dans l’actualité récente, nos internautes ont énormément réagi avec l’interdiction prochaine du chauffage au gaz dans les constructions neuves. Comprenez-vous leur mécontentement?

M. N. – Ce qui est mal perçu, c’est que certains imaginent que ces mesures signifient que ce qui était fait avant, était mal. Ces chauffages au gaz étaient autorisés et même subventionnés pour certains d’où cette impression d’injonction contradictoire. On a vécu le même phénomène avec le diesel qui fut encouragé dans le passé alors qu’aujourd’hui nous favorisons d’autres types de carburants, moins polluants. En fait, on veut aller vers une société plus respectueuse de l’environnement et cela passe par ce genre de mesures. Sans oublier la question de la souveraineté énergétique qui n’est pas assurée avec le gaz.

S. P. – Avec l’idée en tête des vieux chauffages électriques, c’est sûr qu’il y a une crainte de voir exploser sa facture. Mais les choses ont bien changé et il me semble qu’il y a quand même moins d’accidents qu’avec le gaz.

» LIRE AUSSI – Le chauffage au gaz interdit dans les logements neufs dès 2021

Un sondage publié la semaine dernière montre que les Français sont de plus en plus satisfaits de leur agent mobilier mais continuent à trouver les frais trop élevés. Qu’en pensez-vous?

S. P. – Vous me tendez une perche car mon réseau est arrivé en tête dans la plupart des catégories de ce sondage! Concernant les commissions, je pense que c’est un faux débat. Elles sont libres, certains réseaux ont lancé des prix, d’autres à 2% et nous sommes toujours là. Moi je travaille sur un projet de vie pour mes clients, nous sommes dans une société où il faut apporter de plus en plus de services et donc les rémunérer.

» LIRE AUSSI – Pourquoi les tarifs des agents immobiliers posent problème aux clients

Et quel regard portez-vous sur l’encadrement des loyers, pour lequel quelques villes supplémentaires viennent de se porter candidates?

S. P. – Alors là, je risque de ne pas être en phase avec Mickaël, mais pour l’observer sur le terrain, je ne suis pas d’accord avec ce dispositif. Tout d’abord, il est compliqué et pas forcément clair. Le principe des compléments de loyer est très flou et donc on ne sait jamais si un loyer qui dépasse le plafond est justifié ou non. Par ailleurs, cette méthode est utilisée en théorie pour faciliter l’accès au logement des locataires. Or, les investisseurs qui n’en veulent pas, préfèrent souvent vendre et donc on se retrouve au final avec moins de logements disponibles à la location.

M. N. – Il faut éviter les visions manichéennes sur ce sujet. L’encadrement peut-être une solution à court terme, mais la seule réponse à long terme tient dans la construction et la rénovation pour doper l’offre de logements. Nous faisons confiance aux élus pour mettre en place ce dispositif au cas par cas, selon les besoins. Je regrette que certains en fassent une posture idéologique et réclament cet encadrement sans étude préalable du marché. À Toulouse, par exemple, où j’ai travaillé avec les élus, la métropole a estimé que l’encadrement ne serait pertinent au vu du grand nombre de constructions en cours, généré notamment par les dispositifs d’incitation fiscale. Nous devons encourager les Français à investir dans le logement locatif. C’est de cette manière que nous pourrons faire baisser les loyers.

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