Image default
Economie

TotalEnergies se prépare à stopper sa croissance dans le pétrole


L’or noir générera d’ici à 2030 le cash nécessaire au groupe pour investir dans les énergies renouvelables et le gaz.

Une stagnation du pétrole et une croissance rapide des énergies renouvelables et du gaz. Voilà à quoi ressemble la transition énergétique, d’après la major française TotalEnergies. Le groupe, issu de l’historique Compagnie française du pétrole, ne voit plus d’avenir dans l’or noir. Son pic de production de pétrole sera atteint avant même 2030. Loin de vouloir inverser cette tendance, le PDG du groupePatrick Pouyanné l’anticipe. TotalEnergies ne cherchera plus désormais à augmenter sa production de pétrole, tout juste à la maintenir.

Cette stratégie, qui vise à inscrire TotalEnergies dans la transition climatique, se lit dans la politique d’investissement du groupe. Entre 2022 et 2025, TotalEnergies a annoncé, mardi, qu’il « allouera 50 % de ses investissements à la croissance de ses activités (énergies renouvelables et gaz, NDLR), 50 % au maintien du socle de son activité ». Le pétrole ne bénéficiera d’aucun investissement de croissance, juste de quoi maintenir sa production peu ou prou aux niveaux actuels.

De là à en conclure que Total­Energies ne lancera plus de nouveaux projets (dits « greenfield » dans le jargon) il n’y a qu’un pas, que le groupe ne veut toutefois pas franchir. Et ce, contrairement à la recommandation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui estime qu’il faut stopper tout nouvel investissement « greenfield » pour avoir une chance de ne pas dépasser l’objectif de réchauffement climatique de 1,5 °C. « L’AIE estime que la demande de pétrole diminuera de 30 % d’ici à 2030, mais je ne vois pas quelles technologies ou innovations permettraient une chute si brutale sur un délai aussi court, explique Patrick Pouyanné. Nous devons donc continuer à investir de façon sélective dans des projets pétroliers à bas coûts. » Le groupe lancera d’ici à 2025 la production dans de nouveaux gisements au Brésil, en Ouganda et en Irak. Il continue d’explorer au Suriname.

Explosion des prix

La production de pétrole et de gaz est « une machine à cash », a rappelé mardi Nicolas Terraz, le responsable de l’exploration production du groupe. Cette activité « amont » rapportera à TotalEnergies plus de 5 milliards de dollars de cash-flow annuels entre 2022 et 2026, dans un environnement de marché à 50 dollars le baril. Et pour chaque dizaine de dollars supplémentaire par baril, ce n’est pas moins de 3,2 milliards de dollars qui entreront en plus dans les caisses du groupe. Chaque hausse d’un dollar sur le prix du gaz en Asie et en Europe amènera quant à elle 600 millions de plus à TotalEnergies.

Autant dire que l’envolée actuelle des prix du gaz et la remontée du prix du baril en Europe et en Asie bénéficie à TotalEnergies qui dispose, d’après ses dirigeants, « d’une très bonne exposition aux marchés ». Le groupe a annoncé mardi un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard d’euros pour le quatrième trimestre 2021.

« Les hydrocarbures continueront à générer des revenus importants qui financeront la transition énergétique et le retour aux actionnaires », explique le pétrogazier français historique. TotalEnergies prévoit d’investir autour de 3,5 milliards de dollars par an dans les renouvelables d’ici à 2025. À cette date, le groupe ne gagnera pas encore d’argent avec cette activité : les investissements engloutiront toujours davantage de moyens que n’en dégageront les éoliennes et les panneaux solaires de TotalEnergies – d’où l’intérêt pour le groupe de ne pas voir baisser trop rapidement son activité hydrocarbures. Il faudra plutôt attendre 2030 pour que les énergies renouvelables génèrent du cash.



Source link

Autres articles

la vente d’une usine de nickel provoque l’ire des indépendantistes

administrateur

Apple veut lutter contre la pédopornographie sur ses téléphones et serveurs

administrateur

«On ne comprend pas bien pourquoi on nous inflige cela…» À Paris, des restaurateurs désemparés

administrateur

Les livraisons des baskets «sataniques» interdites par la justice américaine

administrateur

Confronté à une augmentation de la demande, le secteur de l’électroménager manque de réparateurs

administrateur

Le drôle de marché de la mairie de Paris pour les loueurs Airbnb illégaux

administrateur