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Finance

Un rebond de l’économie européenne plus fort que prévu



Publié le 9 sept. 2021 à 18:43

Le métier de banquier central se rapproche de celui d’équilibriste. Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, l’a de nouveau montré ce jeudi. La Française a été relativement optimiste sur le plan macroéconomique en déclarant s’attendre à ce que « l’économie rebondisse solidement à moyen terme », tout en restant prudente. « Nous ne sommes pas encore sortis d’affaires », a-t-elle ainsi précisé. Bref, le malade du Covid est sorti de l’hôpital, il marche, mais ne court pas encore.

C’est bien ce que traduisent les prévisions des économistes de la BCE . Le PIB de la zone euro devrait bondir de 5 % cette année, alors qu’en mars, les experts de l’institution basée à Francfort ne tablaient que sur une croissance de 4 %. Ce qui signifie qu’au quatrième trimestre, la zone euro aura retrouvé son niveau de PIB des trois derniers mois de 2019, avant l’arrivée du Covid. « Avec deux trimestres d’avance sur ce que nous pensions auparavant », a précisé Christine Lagarde.

La reprise est donc plus rapide que prévu. La présidente de la BCE estime même que « le marché du travail s’améliore rapidement, ce qui laisse entrevoir des revenus et des dépenses plus élevés ». L’année prochaine aussi, le rebond sera encore fort avec une croissance espérée à 4,7 %.

Hausse temporaire de l’inflation

L’inflation rebondit aussi. Sur les douze derniers mois, en août, elle a atteint 3 % dans la zone euro et les économistes de la BCE tablent sur une hausse des prix à la consommation de 2,2 % sur l’année en cours. La présidente de la BCE juge donc que « les pressions inflationnistes sous-jacentes ont augmenté ».

Hausse du prix du pétrole, augmentation des coûts de certaines consommations intermédiaires (composants, matériaux…) liée aux pénuries et annulation de la baisse du taux de TVA allemand expliquent cette progression de l’indice des prix à la consommation. Avec un risque : « si les difficultés d’approvisionnement durent plus longtemps et se traduisent par des hausses de salaires plus élevées que prévu, les pressions sur les prix pourraient être plus persistantes », a prévenu Christine Lagarde.

La zone euro encore largement derrière les Etats-Unis

Ce n’est toutefois pas ce que prévoient les économistes de la BCE. Pour eux, cette hausse des prix reste largement due à des facteurs temporaires. D’ailleurs, dès 2022, l’inflation ne serait plus que de 1,7 % et retrouverait son rythme de croisière d’avant crise, à 1,5 % l’année suivante. Difficile de croire qu’à cette date, la banque centrale aura remonté ses taux avec une hausse des prix si faible.

D’autant que, argue Nicolas Goetzmann, le responsable de la recherche économique de la Financière de la Cité, « si l’on se base sur la tendance de la croissance de la zone euro entre début 2015 et début 2019 et qu’on l’extrapole, alors, selon les prévisions de la BCE, fin 2023, le PIB de la zone euro sera toujours inférieur de 4,1 % à ce qu’il aurait été sans Covid. Cela signifie que la zone euro aura perdu près de trois années de croissance ». Les Etats-Unis, eux, devraient retrouver le PIB qu’ils auraient eu sans la pandémie dès la fin de cette année ou le début de 2022.



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