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Economie

une hausse des tarifs des courses de 15 à 20% en moyenne


Les professionnels expliquent cette augmentation des tarifs par un manque de chauffeurs et un trafic de plus en plus perturbé.

Les habitués des services de Voiture de transport avec chauffeur (VTC) l’ont peut-être déjà remarqué. Les tarifs des courses ont sensiblement augmenté depuis quelques mois. Le prix s’est élevé en moyenne de 15 à 20% estiment les professionnels du secteur. Une situation inhabituelle due au manque de chauffeurs et à une multiplication des embouteillages. Le retour à la normale est attendu pour la fin de l’année.

Lorsque la demande est particulièrement élevée sur une zone spécifique et que les chauffeurs sont trop peu nombreux, les applications VTC mettent en place un système de majoration pour réguler le service. Chez Heetch, un des opérateurs VTC, seuls 20 à 25% des trajets étaient majorés avant la crise sanitaire. «Aujourd’hui, les majorations concernent 50% des courses » constate Teddy Pellerin, le cofondateur de Heetch pour qui cette hausse des tarifs VTC est due en premier lieu à la pénurie de chauffeurs. «II manque encore environ 20% des chauffeurs pour revenir à des prix classiques» jauge l’entrepreneur. Une explication partagée par Yves Weisselberger, président de la Fédération française des transports de personne sur réservation (FFTPR) et président de LeCab : «C’est la compétition en ce moment pour attirer les chauffeurs» appuie le président. Uber, l’opérateur leader du secteur confirme également la tendance, alors qu’en période précovid, 30.000 chauffeurs utilisaient l’application, ils ne sont aujourd’hui plus que 25.500.

Comment expliquer une telle pénurie de chauffeurs ? «La plupart des chauffeurs VTC [78% chez Uber] ont eu recours aux aides du Fonds de solidarité pendant le confinement et encore une partie en bénéficie et donc ne travaille pas » explique le Président de la FFTPR. La fin du soutien aux indépendants, prévue au mois de septembre devrait toutefois faire évoluer la situation sans pour autant mettre un terme à la pénurie, « il y a toujours un fort turn-over dans la profession mais cette année la demande de nouveaux chauffeurs sera plus importante que d’habitude». Certains chauffeurs VTC, à l’instar d’autres employés de secteurs touchés comme la restauration, se sont en effet reconvertis pendant la crise sanitaire sans attendre une reprise de l’activité.

Un examen VTC trop difficile

Pour faire face à cette demande importante de nouveaux conducteurs, les opérateurs souhaitent faciliter l’accès au métier. Mais l’opération n’est pas si simple, selon les professionnels des services VTC qui dénoncent un « examen pour obtenir sa carte VTC (…) difficile, long et filtrant, avec un taux de réussite de 50% ». La FFTPR avait déjà il y a un an et demi, demandé une simplification de l’examen au Ministère des transports qui en a la charge, sans succès. «C’est très simple, cela peut se faire par décret et pourtant on attend toujours » s’agace Yves Weisselberger qui souligne qu’à la clé, de nombreux emplois peuvent être créés.

La hausse des tarifs des courses VTC s’explique également par des temps de trajets plus longs. « Avec la reprise de l’activité au mois de juin, il y a eu beaucoup d’embouteillages » observe le président de la FFTPR pour qui ce trafic perturbé n’est pas uniquement conjoncturel. «Beaucoup de routes sont fermées, ou n’offrent plus qu’une voie » notamment au profit des aménagements pour vélo ou de transport en commun. Pour ne rien arranger, il semblerait que « les gens prennent plus souvent leur voiture personnelle » par peur d’être contaminés dans les transports en commun, complète Teddy Pellerin.

Un retour à la normal estimé pour décembre

Ces difficultés établies, quand peut-on espérer un retour à la normale ? Pour les utilisateurs des services VTC, il faudra patienter jusqu’à décembre ou janvier pour retrouver les tarifs habituels estime Yves Weisselberger : « il y a toujours une saisonnalité, la demande est très forte entre juin et septembre et retombe en fin d’année ». Uber qui ne fait pas partie de la FFTPR, se dit de son côté « confiant » pour une reprise dès septembre avec « l’arrêt progressif du fonds de solidarité (…) et une demande qui devrait continuer à augmenter et qui attirera les chauffeurs». Le leader du VTC compte également poursuivre ses « investissements pour faciliter le retour des chauffeurs ». Dans ce marché très concurrentiel, les différents opérateurs vont devoir batailler pour garder leurs conducteurs.



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