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Economie

Une première pilule anti-Covid fin 2021?


Selon les premiers essais, ce médicament réduit de 50 % les risques d’hospitalisation et de décès.

Le premier comprimé contre le Covid pourrait être disponible dans les pharmacies françaises avant la fin de l’année. Il s’agit du molnupiravir, un antiviral mis au point par le laboratoire américain MSD (Merck aux États-Unis) et la biotech Ridgeback Biotherapeutics.
En cas de feu vert des autorités de santé, il serait distribué dans les officines sur ordonnance d’un médecin.

Selon les premiers résultats des essais de phase 3 publiés au début du mois, ce médicament réduit de 50 % les risques d’hospitalisation et de décès et a démontré son efficacité contre ­quatre variants dont le Delta.

Essais cliniques

Initialement conçu contre la grippe, le molnupiravir doit être pris dans les cinq jours suivant les premiers symptômes du Covid-19 par les patients diagnostiqués d’une forme légère à modérée de la ma­ladie. Le traitement dure cinq jours, à raison d’un comprimé deux fois par jour. Ce médicament, qui serait le premier antiviral par voie orale autorisé en Europe, agit au cours de la réplication du virus en s’intégrant dans les copies de l’ARN viral. En générant des erreurs au sein de ces copies, il rend le virus non-viable et bloque sa réplication. Ce qui permet à la fois d’éviter la pro­gression de la maladie vers une forme plus sévère mais aussi d’em­pêcher la transmission du virus à d’autres personnes. Six centres français ont participé aux essais cliniques, rappelle MSD.

Si l’évaluation en continu du molnupiravir par l’Agence européenne de médicaments (EMA) a démarré ce lundi, la procédure française de l’accès précoce pourrait permettre d’en faire bénéficier les patients de l’Hexagone avant même la décision de l’EMA. Le dossier doit pour cela être évalué et approuvé par l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) et la Haute Autorité de santé (HAS). Si l’examen formel devrait démarrer dans les prochains jours, les données cliniques ont été transmises au fur et à mesure ces dernières se­maines par le laboratoire.

Le feu vert semble néanmoins faire peu de doute compte tenu de l’intérêt prononcé des pouvoirs publics. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a, en effet, annoncé ce mardi avoir passé commande à MSD. «50.000 doses de ce médicament vont être livrées à la France à compter des derniers jours de novembre ou des premiers jours de décembre, c’est-à-dire dès que les traitements sortiront des chaînes de production », a-t-il indiqué lors d’une audition au Sénat. En cas d’aval de l’ANSM et de la HAS, une mesure dérogatoire – a priori un arrêté ministériel dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire – devrait permettre le déploiement en ville, la procédure de l’accès précoce étant normalement réservée au ­circuit hospitalier. Les médecins devront toutefois contribuer à une étude en vie réelle et transmettre les données collectées à une plateforme nationale.

Une opération rentable

S’il reviendra aux autorités sanitaires de définir le public cible du molnupiravir, il devrait être proche de celui testé lors des essais cliniques à savoir les patients à risque, âgés ou ayant des comorbidités (diabétiques, en surpoids…). Pour ceux-là, il devrait être pris en charge par la Sécurité sociale. Si le prix déboursé par la France n’est pas connu, MSD a déjà conclu un contrat à 1,2 milliard de dollars avec le gouvernement américain pour lui fournir 17 millions de pilules, soit 700 dollars le traitement complet de 5 jours (l’autorité sanitaire américaine a lancé une procédure accélérée d’autorisation).

Mais étant ­donné le coût d’une hospitalisation, l’opération pourrait s’avérer très rentable pour les pouvoirs publics. « Imaginez que nous ayons eu (au début de la crise sanitaire) un trai­tement antiviral qui réduisait de 50 % le nombre de cas graves, imaginez l’impact sanitaire dans notre pays au cœur de la première et de la deuxième vague, on aurait eu beaucoup moins de décès et beaucoup moins de cas graves », a commenté le ministre au Sénat, rappelant au passage l’importance cruciale de la vaccination pour lutter contre la pandémie.

L’arrivée de ce traitement promet aussi d’importants débouchés commerciaux aux deux labo­ra­toires. La pilule de Ridgeback et de MSD – qui a été contraint d’abandonner deux projets de ­vaccins anti-Covid – pourrait générer jusqu’à 10 milliards de dollars d’ici à 2025, selon la banque SVB Leerink.

Outre les États-Unis et la France, des commandes ont par ailleurs été passées par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Serbie, Singapour, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne. MSD a également conclu fin avril des accords de licences avec cinq fabricants indiens de génériques pour favoriser la diffusion de son médicament. Un autre accord a été signé ce mercredi avec le Medicines Patent Pool pour en donner l’accès à 105 pays à revenus faibles ou intermédiaires à un prix plus abordable. MSD, qui a démarré la production dans ses huit usines, prévoit d’en livrer 10 millions d’ici à la fin de l’année. Ses capacités de production pourraient doubler l’an prochain, selon le Financial Times. Des partenariats avec des sous-traitants devraient compléter ce dispositif.



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