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Economie

visualisez les effets de la crise sur l’emploi en France


Depuis le début de la crise sanitaire, la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, publie toutes les deux semaines une série de statistiques sur la situation du marché du travail. Depuis des mois, pas une semaine ne se passe sans qu’une annonce de plan social, de restructuration, voire de faillite, ne soit officialisée.

La vague des plans sociaux se poursuit

Entre le 1er mars et le 27 septembre, 454 plans de sauvegarde de l’emploi (mis en œuvre dans les entreprises de 50 salariés ou plus) ont ainsi été lancés en France. C’est bientôt deux fois plus que les 267 PSE enregistrés sur la même période l’an passé. L’aérien et l’aéronautique (Air France prévoit de supprimer 7580 postes, Airbus, 5000, Daher, 2000), ainsi que dans l’automobile (Renault prévoit de supprimer 4600 postes, Valeo, 2000), sont particulièrement concernés. « Au début de l’été, les grosses sociétés ont bénéficié rapidement de dispositifs de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et savaient que l’activité dans leur secteur n’allait pas repartir tout de suite. L’aérien en est un bon symbole », explique Christopher Dembik, économiste chez Saxo Bank. L’hémorragie ne s’arrête pas. Fin septembre, le nombre hebdomadaire de plans sociaux lancés a continué sa progression (30 PSE ont été initiés durant la deuxième semaine de septembre, 28 au cours de la troisième, puis 35 durant la suivante).

Des dizaines de milliers d’emplois menacés

Le nombre de postes menacés dans le cadre de plans sociaux fait, lui, plus du triple que l’an dernier : 65.001 emplois sont en danger, selon le dernier pointage de la Dares, contre 19.241 l’an dernier à la même période.

De nombreux «petits» licenciements

Cette vague de plans sociaux, c’est sans compter les 3125 « petits » licenciements collectifs (principalement d’entreprises de moins de 10 salariés), répertoriés par le service statistique du ministère du Travail. Les secteurs les plus concernés sont ceux du commerce et de la réparation d’automobile (20 %), de la construction (17 %), de l’industrie manufacturière (16 %) et de l’hébergement et de la restauration (13 %).

Encore 1,3 million de salariés en activité partielle

Ce dispositif déployé massivement lors du confinement doit permettre d’éviter des licenciements massifs dans les entreprises dont la pérennité n’est pas remise en cause mais qui sont confrontées à une réduction d’activité durable. L’activité partielle, dispositif affiné régulièrement, permet de maintenir 84 % de la rémunération des salariés, est prolongée jusqu’à l’été 2021 au moins. Selon le dernier pointage de la Dares, en août, 1,3 million de salariés auraient effectivement été en activité partielle (soit un peu moins de 7 % des salariés du privé), après 1,9 million en juillet, 3,5 millions en juin, 7,3 millions en mai, 8,6 en avril et 7% en mars. Avec l’extension du chômage partiel indemnisé à 100% prolongé jusqu’à fin décembre pour certains secteurs, on peut s’attendre à une nouvelle hausse de salariés en activité partielle.

La baisse en trompe-l’œil du chômage se poursuit

Depuis le début de la crise sanitaire, la courbe du nombre de demandeurs d’emploi connaît un reflux en trompe-l’œil par rapport à l’an passé. Les conséquences des plans sociaux déjà annoncés ne sont pas encore visibles sur la courbe du chômage. Et les dispositifs d’aides publiques (chômage partiel, report de charges, prêts garantis par l’État…) permettent d’amortir l’impact de la crise sanitaire. Si le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A demeure à un niveau élevé, 3,872 millions, il explose à six millions d’inscrits lorsque l’on comptabilise les catégories B et C, ceux ayant exercé une activité réduite. Au creux de la vague (avril-mai) les Français sans emploi étaient confinés et n’ont pas pu procéder à la recherche active d’un nouveau poste, ni se déclarer disponibles pour reprendre une activité.



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