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Finance

WhatsApp s’ouvre le marché colossal des paiements indiens



Publié le 22 nov. 2020 à 16:38Mis à jour le 22 nov. 2020 à 17:21

Après sa déroute au Brésil, WhatsApp s’ouvre en grand les portes du gigantesque marché indien. La plateforme de messagerie qui s’était vu bloquée par Brasilia juste après son lancement pour des raisons de libre concurrence, a obtenu le feu vert réglementaire de New Delhi pour fournir des paiements à 20 millions de clients.

Depuis deux ans et demi , elle fonctionnait en mode test avec seulement 1 million d’entre eux, alors qu’elle compte 400 millions d’utilisateurs par mois dans le pays pour ses services de messagerie. Les pouvoirs publics s’opposaient à son lancement tant que WhatsApp ne fournissait pas suffisamment de garanties sur le stockage des données des utilisateurs en Inde. Une inquiétude accrue après le piratage l’an dernier de la plateforme de paiement par le logiciel Pegasus de la firme israélienne NSO sur des données visant notamment des défenseurs des droits de l’homme indiens.

Après avoir révisé sa politique et l’avoir fait auditer par le cabinet Deloitte, WhatsApp a finalement obtenu l’autorisation d’exercer à plus large échelle. La décision intervient aussi après que Facebook, la maison mère de WhatsApp, s’est associée en avril avec un partenaire de premier plan en Inde : elle a investi 5,7 milliards de dollars pour seulement 10 % de Jio Platforms, filiale numérique et premier opérateur mobile du pays avec 388 millions de clients, détenus par Reliance Industries, un conglomérat privé de Mukesh Ambani, l’homme le plus riche du pays. Sa plateforme bancaire, Jio Payments Bank, est l’un des partenaires de WhatsApp dans les paiements en Inde.

Limite à 30 % de parts de marchés

A la différence du Brésil, les réticences en Inde portaient moins sur les risques de concurrence. Google Pay et PhonePe, filiale du distributeur américain Walmart, contrôlent déjà à eux seuls 40 % de ces systèmes de paiement qui ont cumulé un record de 2 milliards de transactions en un seul mois pour la première fois en octobre.

L’arrivée de WhatsApp intervient aussi alors que New Delhi va introduire une nouvelle réglementation pour limiter les positions dominantes dans ces services. A compter de janvier prochain, a indiqué la National Payments Corporation in India (NPCI), aucune plateforme ne pourra contrôler à elle seule 30 % des volumes sur ce mode de transaction. Les prestataires déjà actifs comme Google auront jusqu’à janvier 2023 pour se mettre en conformité. Pour les nouveaux arrivants, la règle s’impose dès janvier.

La mise en oeuvre sera toutefois complexe. Elle va impliquer de limiter l’emploi de ces services de paiement par utilisateur ou en nombre de transactions par heure. Aucune des plateformes ne sera par ailleurs en mesure de savoir si elle franchit le plafond des 30 % de parts de marché, car elle ne connaîtra pas le volume de ses rivaux, soulignait Deepak Abbot, un vétéran des systèmes de paiement en Inde, fondateur de la fintech Indiagold, interrogé par le quotidien de référence « Times of India ».



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